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L'article du mois

Préface du Baptême du Seigneur (Nouvelle traduction du Missel romain) par Père Jean-Sébastien Tuloup

Le mystère du baptême est de grande importance dans la vie du Christ, il exprime la consécration de la mission messianique par laquelle Jésus passe de sa vie cachée à son ministère public. Il fait le lien entre le cycle de Noël et la première partie du temps ordinaire. Toutefois, la fête du Baptême du Seigneur demeure encore méconnue, comme estompée par Noël. C’est pourquoi saint Hilaire nous interpelle en assurant que : « Ce n’est plus l’enfantement virginal annoncé par l’ange, ni l’étoile conduisant les mages, ni les adorations rendues à l’Enfant au berceau, ni le témoignage de celui qui baptise qui nous le révèlent : c’est le Père qui parle du haut du ciel, et dit : Celui-ci est mon Fils. »

Une voix venue du ciel

La préface de cette fête (p. 143) célèbre avec grande solennité la mission du Christ comme envoyé du Père pour manifester sa bonté et son amour pour les hommes. En nous appuyant sur les textes de la parole de Dieu et de la liturgie, nous percevons comment s’accomplit cette mission : « Une voix venue du ciel atteste que ton Verbe habite parmi les hommes. » Le Christ nous porte tous en lui. Le dessein du Père est de tout réunir sous un seul chef, le Christ, en rendant à l’humanité tous ses dons, parmi lesquels l’Esprit. Et le premier à le recevoir, c’est le Christ : « Par l’Esprit descendu sous l’aspect d’une colombe, le Christ, ton Serviteur, reçoit l’onction d’allégresse. » Le Fils l’a reçu en tant qu’homme et saint Cyrille d’expliciter : « Ce n’est donc pas pour lui-même que le Fils unique a reçu le Saint-Esprit […] mais plutôt pour nous, qui étions en lui. Car c’est par lui que nous viennent tous les biens. » Pour cela, le Christ Jésus a endossé le péché du monde ; il a voulu être baptisé pour que nous soyons lavés de nos péchés par le baptême. Lui qui n’a pas de péchés, il a sanctifié les eaux du baptême dans le but d’effacer les péchés de tous les croyants par le baptême des « renés » (Chromace d’Aquilée). René, quel beau prénom, que nous pourrions, à cette lumière, redécouvrir !

L’Esprit du Seigneur est sur moi

Oui, dans le baptême du Christ, le baptême chrétien est préfiguré : « Tu as préfiguré par d’admirables mystères le baptême nouveau », entendu primordialement comme renaissance de l’eau et de l’Esprit, par lequel nous sommes appelés et sommes réellement fils de Dieu, et duquel naît l’engagement d’écouter comme des disciples du Christ.

Nous sommes enfin invités à laisser résonner en nous la dernière expression de cette préface : « Il est reconnu comme le messager de la Bonne Nouvelle aux pauvres. » Elle reprend le passage de Luc 4 à la synagogue de Nazareth : « L’Esprit du Seigneur est sur moi » (v. 18). Il n’est pas anodin que ce texte soit lu le jour de la messe chrismale. Le Christ nous a appelés par notre baptême et notre confirmation à devenir nous-mêmes des messagers de cette bonne nouvelle.

C’est pour nous que le Christ a été baptisé, lorsqu’il a rempli notre baptême de lumière, de vie, de sainteté, et qu’il s’est fait la route de la venue de l’Esprit sur nous. « C’est à cause de son amour » (Sévère d’Antioche).

Le père Jean-Sébastien Tuloup, du diocèse de Lyon, enseigne la liturgie au séminaire provincial de Lyon et anime des formations liturgiques.