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L'article du mois

Les oraisons psalmiques par Bénédicte Ducatel

Il est d’antique tradition de faire suivre le chant des psaumes d’une oraison – prière – précédée d’un court temps de silence. Cette tradition se retrouve aussi bien chez les moines égyptiens qu’à Jérusalem, en Chaldée ou en Syrie. L’Église latine n’échappe pas à ce mouvement général. Elle conserve dans ses anciens livres de prière de nombreuses collections d’oraisons psalmiques dont l’usage s’est peu à peu perdu, au point d’être totalement oublié. La réforme du dernier concile a voulu remettre en valeur cet élément liturgique important qui permet d’entrer dans l’intelligence du « sens chrétien1» du psaume. Le souhait du Concile n’a pas pris corps dans le livre de la Liturgie des heures en français, mais les oraisons psalmiques ont trouvé une place dans le psautier édité par le Cerf, et dans Magnificat où vous les retrouvez régulièrement. De mois en mois, au long de cette année 2021, nous nous mettrons à l’écoute de certaines d’entre elles, en regard du psaume qu’elles éclairent, ce qui nous rendra attentifs aux mots de l’oraison et nous donnera d’en faire une véritable prière. 

Oraison psalmique du psaume 2

« Seigneur du ciel et de la terre, tu as engendré ton Fils unique, Jésus, le Messie, et tu lui as donné, en le ressuscitant, la victoire sur tous ses ennemis. Fais-nous comprendre la force de ton amour. Apprends-nous à te servir avec fidélité, pour que nous ayons part à son règne ». 

Une prière nourrie des mots du psaume

L’adresse de l’oraison nous tourne d’emblée vers le Père, « Seigneur du ciel et de la terre », selon les mots de Jésus lorsqu’il exulte de joie sous l’action de l’Esprit Saint (cf. Mt 11, 25). Il s’agit là d’un élargissement du verset 4 du psaume, car Celui qui règne dans les cieux règne aussi sur la terre où s’agitent les nations et murmurent les peuples. En nous adressant à ce « Seigneur », nous faisons mémoire de son œuvre de grâce : il a tout à la fois « engendré » le « Fils unique » et lui a « donné la victoire sur tous ses ennemis » en le ressuscitant. « Tu es mon fils ; moi, aujourd’hui, je t’ai engendré » (v. 7), sacré roi pour mener à bien la mission de détruire (cf. v. 9) les grands qui se liguent entre eux contre le Seigneur et son messie (v. 2).

Avec les mots du psaume, l’oraison épelle les mots de la foi chrétienne. Le Christ est au centre de l’oraison comme il est au centre du psaume à sa place de Fils, vivant d’un amour fidèle et obéissant.

Ces deux axes sont ceux de la prière qui monte de nos cœurs : « comprendre la force » de l’amour du Père – Heureux qui trouve en lui son refuge (v. 12) – et apprendre à le « servir avec fidélité » à l’image du Fils. Dès lors, nous pourrons avoir « part à son règne », non comme une récompense lointaine, mais comme une réalité de vie au quotidien : Servez le Seigneur avec crainte, rendez-lui votre hommage en tremblant d’émerveillement devant tant de bonté et d’amour répandus pour les hommes (v. 11).

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1. PGLH, n° 112.

1. PGLH, n° 22.