L'article du mois

Bénédicte Ducatel

Cent cinquante psaumes pour prier par Bénédicte Ducatel

 Par les Apôtres et les premiers disciples, l’Église a reçu le livre des Psaumes en héritage. Ces poèmes de louange, qui ont la vertu d’élever l’âme vers Dieu et où l’Église puise sa force, ont très vite constitué la matière de sa prière, communautaire aussi bien que personnelle. L’Église en a judicieusement organisé la distribution selon les différents offices de la liturgie des Heures.

Quatre semaines

En conclusion du chapitre XVII de sa règle, saint Benoît recommande : « Si quelqu’un ne goûte pas cette distribution des psaumes, il demeure libre de les disposer autrement […] pourvu qu’on veille en tout cas, à réciter intégralement chaque semaine le Psautier. » L’attention à la vie des prêtres séculiers, des religieux vivant dans le monde et des laïcs a incité les Pères du dernier concile à reconsidérer la distribution des psaumes dans la liturgie des Heures. Ils sont désormais répartis sur quatre semaines.

Une attention pastorale

Lors de la mise en place de la liturgie des Heures, la répartition des psaumes s’est faite en fonction de différents critères. Pour les offices du matin et du soir – les plus populaires –, les psaumes sont à la fois accordés à l’Heure et choisis parce qu’ils sont plus accessibles dans leur contenu. Le dimanche, le choix s’est porté sur des psaumes qui expriment clairement le mystère pascal, tandis que le vendredi, les psaumes ont une couleur pénitentielle ou font référence à la Passion. Dans le cycle des semaines, trois psaumes ont été omis – 57, 82 et 108 – parce qu’ils comportent des imprécations difficiles à chanter dans la récitation commune. De même, certains versets sont parfois mis entre crochets dans le Psautier, indiquant par là qu’ils ne sont pas chantés au cours de l’office. « Ces omissions ont pour but d’éviter une difficulté psychologique. » Il peut être choquant pour un participant peu averti d’entendre une assemblée dire : Heureux qui saisira tes enfants, pour les briser contre le roc ! (Ps 136, 9), alors que celui qui aura fait un chemin en Écriture comprendra que les enfants de la Babylone misérable sont nos péchés dont il est bon de se débarrasser, et pourra prier ces mots dans la prière personnelle. D’autres psaumes que la tradition de l’Église a distingués sont au contraire répétés plusieurs fois au cours du cycle. Ainsi, le psaume 50 revient chaque vendredi, le psaume 109, chaque dimanche soir, le psaume 117, psaume pascal par excellence, est repris un dimanche sur deux, le psaume 150 également. Le très long psaume 118 voit ses vingt-deux strophes chantées presque chaque jour à l’heure du milieu du jour. Pour les solennités et les fêtes, le triduum pascal, les octaves de Pâques et de Noël, l’office des lectures reçoit des psaumes propres parmi ceux recommandés par la tradition. Ces principes de répartition ont pour but de soutenir la vie de prière des fidèles qui, en toute occasion, sont appelés à s’attacher au sens plénier des psaumes, c’est-à-dire leur sens messianique.