L'article du mois

Bénédicte Ducatel

Autour des psaumes par Bénédicte Ducatel

La tradition latine de la prière des Heures a mis en avant divers éléments qui aident les fidèles à entrer dans l’intelligence des psaumes : les titres, les antiennes et les oraisons psalmiques.

 Titre

 Dans la Liturgie des heures, chaque psaume est précédé d’un titre qui en indique le sens au regard de la vie humaine du croyant. Par exemple pour le psaume 50, « Confession d’un pécheur » ; pour le psaume 62, « Soif de Dieu » ; pour le psaume 101, « Prière dans le malheur », etc. De plus, pour situer le psaume dans la révélation donnée en Jésus Christ, une phrase du Nouveau Testament ou des Pères de l’Église invite à s’ouvrir au sens christologique du psaume. Ainsi le psaume 50 reçoit-il la prière : « Jésus, Fils de Dieu, Sauveur, prends pitié de moi, pécheur » ; le psaume 62, L’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source d’eau jaillissant pour la vie éternelle (Jn 4, 14) ; le psaume 101, Dans toutes nos détresses [Dieu] nous reconforte (2 Co 1, 4).

 Antienne

 L’antienne est un refrain qui se chante et donne le ton musical de la psalmodie. L’antienne met en lumière un aspect du psaume, attire l’attention sur une phrase importante. Elle est en lien avec le temps liturgique ou avec la fête célébrée, sans jamais s’éloigner de l’intention du psaume lui-même. Par exemple, pour le psaume 117, chanté les dimanches II et IV, le matin, nous avons, au temps ordinaire : « Rendez grâce au Seigneur, éternel est son amour » ou bien : « Approchons-nous de Jésus Christ, pierre vivante choisie par Dieu » ; au temps de l’Avent : « Nous avons une ville forte, alléluia ! Le Seigneur est pour nous, alléluia ! » ; en Carême : « La droite du Seigneur a fait merveille, la droite du Seigneur m’a relevé » ; au temps pascal : « Voici le jour que fit le Seigneur, alléluia. » Le même psaume chanté au milieu du jour, les dimanches I et III, est alors assorti d’autres antiennes. C’est tout un jeu d’éclairages variés que diffusent les antiennes, ouvrant le priant à différentes approches et attitudes spirituelles.

 Oraison psalmique

Peu employées, les oraisons psalmiques appartiennent à la tradition de l’Église qui a pour habitude de rassembler la prière de tous en une « collecte » commune. Les oraisons psalmiques n’ont pas été insérées dans le livre de la Liturgie des heures, mais on les trouve dans le Psautier1 et Magnificat les propose régulièrement. Prière de l’assemblée, l’oraison offre une lecture christologique du psaume. Ainsi l’oraison du psaume 15 : « Père, tu as fait boire au Christ la coupe d’une mort amère, mais tu n’as pas permis que sa chair voie la corruption, et tu lui as ouvert le chemin de la vie. Accorde-nous la même part : que nous trouvions en toi notre bonheur, et, devant ta face, la joie éternelle. » Le cadre donné par les éléments qui entourent le psaume soutient notre vie spirituelle et permet d’en faire une prière plus personnelle en nous attachant, au fil du temps, à l’un ou l’autre de ces éléments.

 

 Psautier, version oecuménique texte liturgique, Paris, Cerf, 1989.