L'article du mois

Bénédicte Ducatel, liturgiste

Dieu, notre Dieu, nous bénit par Bénédicte Ducatel, liturgiste

L’intelligence de la prière des Heure

 Bienfaits de Dieu, action de grâce de l’homme, joie per­sonnelle, annonce du salut à tous les hommes, le court psaume 66 que nous chantons et prions le mercredi soir, s’offre à nous comme un programme de vie chrétienne. Or, le programme de toute vie chrétienne est inscrit dans la vie même du Christ qui en est le modèle et le guide. Que nous dit, alors, le psaume 66 de la relation du Christ à son Père, relation dont nous ne sommes pas exclus mais, bien au contraire, à laquelle nous sommes appelés à communier ?

Père, je te rends grâce

Le psaume 66 déborde de cette action de grâce qui jaillit du coeur et des lèvres du Christ et dans laquelle il nous entraîne. Aussi, les mots qu’il prononce sont-ils une invitation pressante et répétée comme le refrain qui ponctue les strophes : Que les peuples, Dieu, te rendent grâce, comme moi, Père, je te rends grâce, et plus encore : Qu’ils te rendent grâce tous ensemble. La joie du Fils est une joie communicative, elle s’origine en lui, nous traverse et se déverse sur les divers peuples, qui bien­tôt unis, ne forment plus qu’un seul peuple de louange, tous ensemble. Tel est le but poursuivi par Dieu, se faire connaître et aimer de tous les hommes.

Ultime bénédiction

La prière instante qui ouvre le psaume appelle, certes, la bénédiction de Dieu sur la vie des hommes – que Dieu nous prenne en grâce et nous bénisse – mais plus encore,

elle assume le cri des fils d’Israël et de l’Église à sa suite, cri qui court à travers toute la Bible et conclut le livre de l’Apocalypse : Viens, Seigneur ! La seule véritable béné­diction est celle de la venue du Christ lui-même : Que son visage s’illumine pour nous ; et ton chemin sera connu sur la terre. Jésus est la lumière venue en ce monde pour nous ouvrir à la bénédiction de Dieu. Sa supplication n’a pas d’autres raisons d’être : que cela soit et que les hommes accueillent le message de grâce qu’il annonce inlassable­ment afin que le salut soit connu parmi les nations.

Le fruit béni

Telle Élisabeth recevant la visite de Marie, le psalmiste se réjouit : La terre a donné son fruit. D’Adam, tiré de la terre, est sorti un fruit parfait, Jésus, le fruit béni du sein de Marie, le fruit attendu depuis l’origine, Jésus, Le-Seigneur-sauve. Oui, en lui, Dieu, notre Dieu, nous bénit. Toutes les nations peuvent chanter leur joie, car ce fruit de souche royale, fils de David, gouverne avec justice et droiture, tel un berger, il conduit les nations.

De la joie des moissons à celle du salut

La saveur des moissons, la récolte abondante, tout ce qui est motif de joie très simple et très humaine s’ouvre dans la prière à une dimension salutaire. Il est une mois­son plus heureuse dont nous sommes les semeurs que Dieu bénit, c’est celle à laquelle les anges sont conviés pour recueillir le bon grain et le porter dans le Royaume. Comme le Christ, supplions par toute notre vie que Dieu nous prenne en grâce et nous bénisse.