L'article du mois

Bénédicte Ducatel, liturgiste

Clameurs de joie et de victoire ! par Bénédicte Ducatel, liturgiste

L’intelligence de la prière des Heures

Chaque dimanche, à la prière du matin ou à celle du milieu du jour, l’Église nous invite à prier le psaume 117. Rares sont les psaumes qui reviennent chaque semaine (psaume 50, tous les vendredis matin ; psaume 109, tous les dimanches soir ), aussi devons-nous penser qu’ils revêtent une importance particulière pour la communion au Christ des fidèles.

Le jour que fit le Seigneur

Ce qui nous est donné à contempler et plus encore à vivre, l’oraison qui accompagne ce psaume le dit claire­ment : « Dans la joie, Seigneur, nous te rendons grâce. » La joie qui traverse le psaume de part en part est celle de l’action de grâce. Action de grâce du Christ d’abord : Mon Dieu, je te rends grâce, mon Dieu, je t’exalte ! mais aussi celle de tout un peuple qu’il convoque à s’unir à son immense « merci » au Père : Rendez grâce au Seigneur : Il est bon ! Éternel est son amour ! Et le motif de l’exultation n’est autre que ce jour que fit le Seigneur, jour d’exauce­ment où la pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs est deve­nue la pierre d’angle, jour unique, merveille devant nos yeux où le Christ délivré de la mort a inauguré le monde nouveau : Ouvrez-moi les portes de justice : j’entrerai, je rendrai grâce au Seigneur.

Suivre le Christ

La joie du Christ n’est pas éthérée. Elle prend sa source au coeur de la détresse que tout homme peut connaître – Dans mon angoisse j’ai crié vers le Seigneur […]. On m’a poussé, bousculé pour m’abattre – mais se déploie à travers une confiance solide comme le roc : Le Seigneur est pour moi, je ne crains pas […]. Le Seigneur m’a défendu. C’est bien l’attitude de foi que l’Église nous enseigne et que la prière du psaume fait naître en nous, car baptisés, nous sommes conformés au Christ et apprenons au pas à pas de l’amour à vivre selon son mode d’être et d’agir. Avec lui, nous pouvons dire : Ma force et mon chant, c’est le Seigneur ; il est pour moi le salut.

Les leçons de la prière

Le Christ se fait enseignant par sa parole que nous rece­vons et qui devient la matière de notre prière, mais aussi par l’exemple de sa vie que nous accueillons comme une parole active en nous et pour nous. Or le psaume 117 nous découvre l’attitude intérieure du Christ au coeur des événements de sa vie. Alors même qu’il est dans une situation critique : Toutes les nations m’ont encerclé, il affirme avec force : Non, je ne mourrai pas, je vivrai car le Seigneur est avec moi pour me défendre. Cette cer­titude du Christ devient celle du croyant qui fait siennes les paroles du psaume. Oui, mieux vaut s’appuyer sur le Seigneur que de compter sur les hommes.

Psaume pascal par excellence, et donc dominical, le psaume 117 est une sorte de kérygme, d’annonce du mystère de la foi : le Christ était mort, il est revenu à la vie, c’est là l’oeuvre du Seigneur. Baptisés dans sa mort et sa résurrection, rameaux en main, formez vos cortèges et rendez grâce au Seigneur : Il est bon !