Commentaire de la couverture

« Ce sont les Écritures qui me rendent témoignage » par Pierre-Marie Varennes

Ici, Antonio da Faenza († 1534) veut donner à voir et à contempler la profession de foi du Credo : « Je crois en l’Esprit Saint, […] il a parlé par les prophètes. » Pour ce faire, l’artiste représente symboliquement saint Luc, identifié par le taureau figurant à ses pieds, en compagnie d’Isaïe. Le calame à la main, l’évangéliste écrit sur un rouleau le récit de l’annonciation du Seigneur. La présence d’Isaïe à ses côtés, déployant un rouleau de ses propres écrits inspirés, atteste que les faits relatés par saint Luc accomplissent parfaitement la prophétie prononcée quelque sept cents ans auparavant : C’est pourquoi le Seigneur lui-même vous donnera un signe : Voici que la vierge est enceinte, elle enfantera un fils, qu’elle appellera Emmanuel (c’est-à-dire : Dieu-avec-nous). De crème et de miel il se nourrira, jusqu’à ce qu’il sache rejeter le mal et choisir le bien (Is 7, 14-15). Le fait que les deux personnages, franchissant les siècles, soient situés ensemble sous la colonnade du Temple de Jérusalem et inscrivent, l’un et l’autre, leurs écrits inspirés sur des rouleaux similaires, veut rendre visible l’unité fondamentale de l’Écriture sainte.

Claudel répétait que pour un chrétien, toucher à l’unité de l’Écriture, « c’est aussi grave que de toucher à l’Eucharistie ». N’est-ce pas trop dire ? Peut-être pas si l’on considère qu’au soir de Pâques, quand le mystérieux voyageur d’Emmaüs célébra la première messe de l’histoire, il se donna à être reconnu d’abord dans l’accomplissement de l’Écriture, puis dans la fraction du pain. Aussi bien, la présence réelle de Jésus Christ est-elle annoncée, prévue et figurée du commencement à la fin de l’Ancien Testament par la Loi et les prophètes, pour s’accomplir pleinement dans l’Évangile et ne cesser de porter son fruit dans la vie de l’Église comme en chacune de nos vies.

 Pour approfondir votre méditation, je vous recommande le livre Si Jésus est vraiment parmi nous, alors où est-il ? du P. Richard Veras, qui vient de paraître en librairie. 

Le prophète Isaïe et saint Luc (1513, détail), Antonio da Faenza (v. 1480-v. 1534), Sanctuaire de la Sainte Maison, Lorette, Italie. © Mario Bonotto \ Photo Scala, Florence.