L'éditorial du mois

Bernadette Mélois, rédactrice en chef

La puissance de la réconciliation par Bernadette Mélois, rédactrice en chef

Tout l’Évangile nous montre que Jésus n’enferme pas l’homme dans son péché. Il suffit de le voir avec Zachée, la Samaritaine, la femme adultère, le bon larron et avec Pierre lui-même pour s’en convaincre. Jésus se refuse à enfermer la personne dans son passé d’échecs, de refus ou de déviations. Au contraire, il ouvre un ave­nir. C’est cela, le pardon et la réconciliation. Heureux l’homme dont la faute est enlevée, et le péché remis ! (Ps 31, 1), telle est la condition du baptisé qui, plongé dans la mort et la résurrection du Christ, est désormais témoin de la réconciliation.

La première communauté chrétienne a bien compris cet extraordinaire héritage que le Ressuscité lui confiait : vivre par l’Esprit Saint cette puissance de réconciliation. Elle ne pouvait annoncer le Dieu de Jésus Christ, qui est le Dieu de la miséricorde, sans devenir elle-même non seulement témoin privilégié, mais acteur de pardon et de réconciliation.

Mais l’exercice du pardon demande une véritable conversion. Conversion de chacun personnellement, et conversion de la communauté dont la manière de vivre doit rappeler au monde que le pardon est source de vie fraternelle, d’unité, de guérison, etc. Ainsi chacun et tous ensemble sont invités à laisser l’Esprit créer en eux un coeur nouveau, prémices du monde nouveau inauguré par la résurrection du Christ.

Entrons sans crainte dans ce mois d’avril, où nous allons goûter à la joie de la réconciliation de Dieu avec l’huma­nité tout entière.