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L'article du mois

L’oraison psalmique du psaume 13 par Bénédicte Ducatel

L'ntelligence de la prière des Heures

« En dehors de toi, Dieu qui aimes les hommes, rien n’est vrai, rien n’est bon, et ceux qui disent : “Pas de Dieu” vont à leur perte. Délivre ton Église des insensés qui la dévorent, et que le peuple des sauvés t’invoque dans la joie . »

Projet divin

Dès les deux premiers versets du psaume, le psalmiste croise les expériences : celle de l’impie, nommé fou, qui, devant la marche du monde corrompu, abominable (v. 1), assure sans plus de réflexion qu’il n’y a pas de Dieu ; celle de Dieu qui des cieux se penche vers les hommes à la recherche d’un juste sensé (v. 2). En conclusion, l’impie, Dieu et le psalmiste sont d’accord : Pas un homme de bien, pas même un seul (v. 3). Pourtant, le constat ne conduit pas les impies et Dieu sur le même chemin. L’impie, désabusé, s’élance sur le chemin des dévoyés, des pervertis qui font le mal (v. 3.4), pour la simple raison qu’ils n’ont pas compris les projets de Dieu, ce Dieu qui accompagne les justes (v. 5) avec une inlassable fidélité.

L’oraison psalmique donne la clé qui manque aux impies. En élargissant la parole de Jésus : « En dehors de moi, vous ne pouvez rien faire » (Jn 15, 5), elle permet de regarder le monde avec un autre point de vue. Il est facile de constater que parfois « rien n’est vrai, rien n’est bon » pour ceux qui nous entourent. Seule une vie entée sur la vigne véritable qu’est le Christ donne la possibilité de sentir à quel point Dieu est un compagnon de chaque instant.

Égarement

Ne pas rester arrimé au Christ conduit inéluctablement au rejet de Dieu. De même que le sarment ne peut pas porter de fruit par lui-même […], de même vous non plus, si vous ne demeurez pas en moi (Jn 15, 4). Or, dire « Pas de Dieu », c’est se couper du tronc et perdre l’accès à la sève qui est vie. Ce qui est vrai du monde, dont parle saint Jean, est aussi vrai au sein même de l’Église où des « insensés » œuvrent pour leur propre compte au lieu de faire les œuvres du Père en étant serviteurs de son projet. La prière de l’Église est enracinée dans la vie humaine. Elle n’édulcore aucune réalité, même les plus difficiles à accepter. C’est pourquoi, elle prie pour ceux qui, choisis et aimés de Dieu comme l’Apôtre Judas, s’égarent au point de faire du mal. La formule est forte dans la bouche du psalmiste : Ils mangent mon peuple (v. 4) ; elle l’est tout autant, sinon plus, dans l’oraison qui parle des « insensés qui dévorent » l’Église.

Conversion

Pourtant, les impies aveuglés par leur présomption s’étonnent de voir certains mettre leur foi en Dieu et faire de lui leur refuge (v. 6). Et s’ils se moquent des malheureux, leur sérénité les trouble au point qu’ils se sont mis à trembler intérieurement (v. 5). Le psalmiste ne dit pas qu’ils se convertissent. Mais l’oraison affirme que « le peuple des sauvés », ces déportés que le péché tenait éloignés de Dieu, l’invoquera « dans la joie ». En dehors de Dieu, nous ne pouvons rien faire, prions donc pour que tressaillent d’allégresse ceux qu’il est venu sauver.