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L'article du mois

L’oraison psalmique du psaume 147 par Bénédicte Ducatel

L'ntelligence de la prière des Heures

« Nous te glorifions, Seigneur, par ton Fils bien-aimé, Jésus, la Parole vivante que tu nous as révélée. Avec lui, ton Église est solide pour établir la paix, rompre le pain, communiquer ton Esprit. Bénis encore tes enfants, et traite-les avec amour. »

Louange

Tout le psaume 147 est une hymne de louange, qui chante les hauts faits de Dieu en faveur de son peuple. L’invitatoire initial – Glorifie le Seigneur, Jérusalem ! Célèbre ton Dieu, ô Sion ! (v. 12) – supporte la litanie des motifs de joie qui vont de la paix retrouvée et consolidée : Il a consolidé les barres de tes portes, […] il fait régner la paix à tes frontières (v. 13.14), à la prospérité de la terre, dont Dieu assure lui-même la fécondité par le cycle des saisons – l’hiver avec la neige, le givre, le froid, puis le printemps qui survient (v. 16.17.18) – qu’il a institué dès l’origine pour le bonheur et la croissance de l’homme.

Parole

On entend en filigrane l’émerveillement du psaume 103 : Quelle profusion dans tes œuvres, Seigneur ! Tout cela, ta sagesse l’a fait (v. 24), cette sagesse qui proclame : « Je suis sortie de la bouche du Très-Haut […]. J’ai parcouru seule la voûte des cieux et me suis promenée dans le fond des abîmes », et qui reçoit de Dieu l’ordre de venir demeurer parmi les fils de Jacob (Si 24, 3.5.8).

Mais le psaume 147, et l’oraison psalmique à sa suite, ne s’attachent pourtant pas à la sagesse. Ce qui est mis en avant comme moteur de l’activité créatrice, c’est la parole de Dieu qu’il envoie sur la terre (v. 15) et qu’il révèle à Jacob (v. 19). Révélation progressive, qui s’accomplit en plénitude lorsque le Père envoie sa parole sur la terre, Jésus, le Verbe fait chair, le « Fils bien-aimé », « la Parole vivante » venue habiter parmi nous (Jn 1, 14).

Église

Jérusalem, Sion, Jacob, Israël, autant de noms pour dire le rassemblement des fils de Dieu, ses enfants que Dieu bénit, peuple élu à qui il se révèle, à qui il fait connaître ses volontés et ses lois pour en faire un peuple de louange figure de l’Église, Corps du Christ vivant de sa vie. Par la parole sacramentelle qui fait de l’Église le Corps du Christ en qui demeure la présence de l’Esprit, l’Église peut « établir la paix » qu’elle reçoit de son Seigneur et que lui-même fait régner, non pas tant aux frontières des nations qu’au cœur même de chaque croyant ; elle peut « rompre le pain » de froment qui rassasie la grande foule de gens qui n’a rien à manger (Mc 8, 1) ; et finalement, elle peut transmettre à tous ceux qu’elle rencontre l’Esprit, ce souffle bienfaisant qui la fait vivre.

Pas un peuple qu’il ait ainsi traité, dit le psalmiste (v. 20). Pas un peuple que Dieu ne bénisse comme l’Église en qui il reconnaît le corps de son Fils. Appuyé sur cette certitude, il est juste et bon, au terme de l’oraison, de demander au Père de bénir « encore ses enfants » et de les traiter « avec amour ». Mais Dieu sait-il faire autrement ?