L'éditorial du mois

David Gabillet, rédacteur en chef

La mort vaincue par David Gabillet, rédacteur en chef

Dès le dimanche des Rameaux, le retournement de la foule de Jérusalem est annoncé par la lecture de la Passion. La réalisation triomphale des vaines attentes humaines est prise de court car les derniers jours de Jésus sont assombris par l’ombre portée de sa mort. Allons-nous rejouer une tragédie ? Les désirs de l’homme sont-ils le jouet d’un destin de mort ? Non pas. Nous vivrons, certes, dans les prochains jours le drame noué à l’extrême dans l’histoire du salut par le péché des hommes, par notre refus de l’amour inconditionnel de Dieu.

En son Fils, Dieu s’est abaissé en se faisant homme, vulnérable jusqu’à être mis à mort sur la croix. Il le fallait. Et la réalité de la mort ne saurait être éludée comme nous le rappellera la liturgie des Vendredi et Samedi saints. Mais l’événement de la croix est un acte libre, l’offrande ultime que Jésus fait de lui-même. Et toute la semaine qui s’ouvre est déjà éclairée par la lumière du matin de Pâques. Le dénouement est annoncé dès ce premier dimanche : C’est pourquoi Dieu l’a exalté, afin qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse. En Jésus ressuscité, les puissances de la mort ont été annihilées et le Christ Seigneur nous appelle à lui pour participer gracieusement à sa victoire. Notre aspiration à la vie est reçue en Dieu. Puisse alors chacun de nous en son ultime soupir faire siennes les dernières paroles que Tolstoï place dans la bouche de son héros Ivan Ilitch : « Finie la mort ! Elle n’est plus. »