Retraite en ligne

9 jours pour

Entrer dans l’Espérance avec sainte Thérèse de Lisieux

Jour 7

La spiritualité de l’instant présent

Louer Dieu avec sainte Thérèse

Parole de Dieu

Lecture de l’Évangile selon saint Matthieu (6, 25-34)

C’est pourquoi je vous dis : Ne vous souciez pas, pour votre vie, de ce que vous mangerez, ni, pour votre corps, de quoi vous le vêtirez. La vie ne vaut-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que les vêtements ? Regardez les oiseaux du ciel : ils ne font ni semailles ni moisson, ils n’amassent pas dans des greniers, et votre Père céleste les nourrit. Vous-mêmes, ne valez-vous pas beaucoup plus qu’eux ? Qui d’entre vous, en se faisant du souci, peut ajouter une coudée à la longueur de sa vie ? Et au sujet des vêtements, pourquoi se faire tant de souci ? Observez comment poussent les lis des champs : ils ne travaillent pas, ils ne filent pas. Or je vous dis que Salomon lui-même, dans toute sa gloire, n’était pas habillé comme l’un d’entre eux. Si Dieu donne un tel vêtement à l’herbe des champs, qui est là aujourd’hui, et qui demain sera jetée au feu, ne fera-t-il pas bien davantage pour vous, hommes de peu de foi ? Ne vous faites donc pas tant de souci ; ne dites pas : “Qu’allons-nous manger ?” ou bien : “Qu’allons-nous boire ?” ou encore : “Avec quoi nous habiller ?” Tout cela, les païens le recherchent. Mais votre Père céleste sait que vous en avez besoin. Cherchez d’abord le royaume de Dieu et sa justice, et tout cela vous sera donné par surcroît. Ne vous faites pas de souci pour demain : demain aura souci de lui-même ; à chaque jour suffit sa peine.

À l’écoute de sainte Thérèse

Jésus ne nous a pas dit : « Je suis la fleur des jardins, la rose cultivée », mais il nous dit : « Je suis la fleur des champs et le Lys des vallons. » Eh bien ! j’ai pensé ce matin auprès du tabernacle que ma Céline, la petite fleur de Jésus, devait être et rester toujours une goutte de rosée cachée dans la divine corolle du beau Lys des vallées. Une goutte de rosée, qu’y a-t-il de plus simple et de plus pur ? […] Pendant la nuit de la vie sa mission à elle est de se cacher dans le cœur de la fleur des champs, nul regard humain ne doit l’y découvrir, le seul calice qui possède la petite gouttelette connaîtra sa fraîcheur. Heureuse petite goutte de rosée qui n’est connue que de Jésus. […] Pendant la nuit de la vie elle devra rester cachée à tout regard humain, mais quand les ombres commenceront à décliner, que la fleur des champs sera devenue le Soleil de justice, alors qu’Il viendra pour accomplir sa course de géant, oubliera-t-Il sa petite goutte de rosée ?… Oh non ! dès qu’Il paraîtra dans la gloire, la compagne de son exil y paraîtra aussi. Le divin Soleil arrêtera sur elle un de ses rayons d’amour, et aussitôt se montrera aux regards des anges et des saints éblouis la pauvre petite goutte de rosée qui scintillera comme un diamant précieux qui, reflétant le Soleil de justice, sera devenue semblable à Lui. Mais ce n’est pas tout. L’astre divin en regardant sa goutte de rosée l’attirera vers Lui, elle montera comme une légère vapeur et ira se fixer pour l’éternité au sein du foyer brûlant de l’amour incréé, et toujours elle sera unie à Lui. De même que sur la terre elle fut la fidèle compagne de son exil, de ses mépris, de même au Ciel elle règnera éternellement… Dans quel étonnement seront alors plongés ceux qui en ce monde avaient considéré comme inutile la petite goutte de rosée !…

Lettre du 25 avril 1893 à Céline

Méditation

Ce qui a d’abord effrayé Thérèse, comme beaucoup de chrétiens prenant conscience de l’appel universel à la sainteté, c’est l’Himalaya d’une impossible perfection. Mais là encore, pour résoudre la tension qui existe entre le but surhumain (être saint comme Dieu est saint) et les moyens humains (ma propre faiblesse), Thérèse fait parler son génie spirituel. Elle comprend d’abord que si Dieu nous attire à lui, ce n’est pas pour nous appeler à une pure chimère, mais parce que son dessein amoureux est de nous communiquer sa vie pleinement : « je sais que Jésus ne peut désirer pour nous de souffrances inutiles et qu’Il ne m’inspirerait pas les désirs que je ressens, s’Il ne voulait les combler… » Cherchant une solution pratique pour mettre un tel programme en œuvre, elle s’en remet au réalisme : Dieu m’appelle à la sainteté qui est hors de ma portée, et je ne suis capable de rien d’aussi grand, mais comme il faut bien se lancer dans l’aventure, je ferai tout de suite cette toute petite chose devant moi, qui est à ma mesure. Ainsi le combat spirituel est-il non seulement remis à la bonne hauteur, mais dans une juste temporalité. Inutile de songer au saint ou à la sainte que je pourrai être dans dix ans, dans vingt ans, à tel horizon chimérique… Je ne sais même pas si je serai toujours de ce monde demain, et n’ai donc qu’aujourd’hui pour aimer, comme si ce jour devait être le dernier. Comme disait saint Jean de La Croix, autre figure immense du Carmel : « Ce que Dieu prétend, c’est de faire de nous des dieux, par participation de ce qu’il est lui-même par nature ; de même que le feu convertit toute chose en feu. Au soir de cette vie, on vous examinera sur l’amour. Apprenez donc à aimer Dieu comme il veut être aimé, et laissez-vous vous-même. » Ainsi, dans une absolue confiance en ce Dieu qui nous aime, peut-on redire avec Thérèse : « Oh ! qu’elle est douce la voie de l’Amour !… Comme je veux m’appliquer à faire toujours avec le plus grand abandon, la volonté du Bon Dieu !… »

Jean de Saint-Cheron

Prions

Psaume 118, 10-17

De tout mon cœur, je te cherche ;
garde-moi de fuir tes volontés.
Dans mon cœur, je conserve tes promesses
pour ne pas faillir envers toi.
Toi, Seigneur, tu es béni :
apprends-moi tes commandements.
Je fais repasser sur mes lèvres
chaque décision de ta bouche.
Je trouve dans la voie de tes exigences
plus de joie que dans toutes les richesses.
Je veux méditer sur tes préceptes
et contempler tes voies.
Je trouve en tes commandements mon plaisir,
je n’oublie pas ta parole.
Sois bon pour ton serviteur,
et je vivrai, j’observerai ta parole.

Je vous salue Marie,
pleine de grâce.
Le Seigneur est avec vous,
vous êtes bénie entre toutes les femmes
et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni.
Sainte Marie, Mère de Dieu,
priez pour nous, pauvres pécheurs,

maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.

Notre Père qui es aux cieux,
que ton nom soit sanctifié,
que ton règne vienne,
que ta volonté soit faite
sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd’hui
notre pain de ce jour.
Pardonne-nous nos offenses,
comme nous pardonnons aussi
à ceux qui nous ont offensés.
Et ne nous laisse pas entrer en tentation,
mais délivre-nous du Mal.

Amen.

Seigneur, toi qui prends soin des oiseaux du ciel et des lys des champs, reçois notre prière :

R/ Sois notre soutien en ce jour

Puisque nous ne savons pas de quoi demain sera fait, garde-nous en ta providence. R/

Puisque nous ne pouvons pas promettre que nous te serons toujours fidèles, garde-nous en ta providence. R/

Puisque tu sais de quoi nous avons besoin, garde-nous en ta providence. R/

Seigneur, tu as donné à sainte Thérèse de conformer chacune de ses actions au commandement nouveau de l’Évangile, en commençant par les plus simples ; donne-nous, à sa prière et son exemple, de trouver dans chacune de nos journées les nourritures spirituelles qui nous conduiront sur la voie de la sainteté. Par Jésus Christ, ton Fils.

Crédit des images : 
Bandeau : Le Paradis, Maurice Denis (1870-1943), musée d’Orsay, Paris. © akg-images / Erich Lessing.
Maurice Denis (1870-1943), Première communion de sainte Thérèse de Lisieux (1937), église Notre-Dame, Verneuil-sur-Avre, France. © Catalogue raisonné Maurice Denis.
Tableaux de fleurs : © Alamy.