dimanche 28 décembre
La Sainte Famille de Jésus, Marie et Joseph

La Fuite en Égypte,
Martin Schongauer (1448-1491),
Rijksmuseum, Amsterdam.
Accomplissement
Sœur Marie-Hélène Robert
Le récit de Matthieu, qui ne se trouve pas en Luc, est tissé de réminiscences de l’Ancien Testament. Les récits de songes dans la Genèse (cf. 20, 3-7 ; 31, 24 ; 46, 2-4) soulignent que Dieu conduit son peuple dans l’histoire, tout comme dans les récits de fuite devant l’ennemi (Jacob en Gn 27, 43-45, Moïse en Ex 2, 15 et Jéroboam en 1 R 11, 40), l’Égypte apparaît comme le lieu tantôt de l’oppression tantôt du refuge. Joseph, fils de Jacob, a été vendu en Égypte et cela a permis le salut de toute sa famille (cf. Gn 37-50). Ici, Joseph, fils de David, emmène l’enfant et sa mère en Égypte pour fuir la colère meurtrière d’Hérode et pour que soit accomplie la parole du Seigneur prononcée par le prophète : D’Égypte, j’ai appelé mon fils (Os 11, 1).
À l’arrière-plan du récit de Matthieu, Jésus est le nouveau Moïse : Pars pour la terre d’Israël rappelle Exode 4, 19-23. Joseph ayant été averti en songe, la famille se rend à Nazareth en Galilée, que gouverne Arkélaüs, fils d’Hérode, et non en Judée pour que soit accomplie la parole dite par les prophètes : Il sera appelé Nazaréen. Cette allusion n’est pas claire mais par la double référence de l’ensemble du récit aux Écritures et à l’histoire contemporaine de l’événement, Matthieu ancre Jésus dans une vérité théologique inscrite dans la temporalité historique.
Hospitalité
L’Égypte a accueilli la Sainte Famille, et nombreux y sont les lieux de pèlerinage dédiés à son séjour de plusieurs années. L’hospitalité est une vertu biblique de première importance. Elle permet d’accueillir Dieu lui-même (cf. Gn 18, 1-8 ; He 13, 2). La terre est à Dieu, les êtres sont à Dieu (cf. Is 66, 2) et il protège les déplacements des personnes menacées par l’oppression (cf. Lv 19, 33-34). L’Évangile insiste particulièrement sur cette vertu, qui est la mise en œuvre par excellence de l’amour du prochain et un témoignage rendu à l’amour inconditionnel de Dieu pour toutes ses créatures.
Une famille inspirante
La Sainte Famille est fêtée dans l’Église catholique depuis le xixe siècle. Joseph reçoit sa mission par des songes, Marie par un ange (cf. Lc 1, 26-38) et Jésus au Temple affirme qu’il doit être aux affaires de son Père (cf. Lc 2, 49). Nous veillons les uns sur les autres, dans nos relations de paternité, de maternité, de filiation ou de fraternité, mais chaque personne appartient d’abord à Dieu, et en cela elle est « sainte », inviolable. Par la Sainte Famille, cette disposition biologique s’étend aux relations spirituelles (cf. Mt 12, 50). Puisque vous avez été choisis par Dieu, que vous êtes sanctifiés, aimés par lui, revêtez-vous de tendresse et de compassion, de bonté, d’humilité, de douceur et de patience (Col 3, 12). n
Découvrez après les lectures de la messe notre suggestion de prière universelle. Ces intentions sont à adapter en fonction de l’actualité et de l’assemblée qui célèbre.

Bonne fête ! Innocent, Gaspard (del Bufalo), Gaspardine






