dimanche 4 janvier
Épiphanie du Seigneur

L’Adoration des mages,
Carlo Maratti (1625-1713), MET, NYC.
L’intranquillité de la foi
Père Olivier Praud
Jésus est l’Emmanuel, c’est-à-dire Dieu-avec-nous. Un enfant naît pour quelqu’un, sa famille, la communauté humaine qui le verra grandir et qui grandira avec lui et par lui. Jésus aussi est né dans une famille, mais il est aussi né pour tous. La fête de l’Épiphanie donne de contempler un éclat particulier de la lumière de la Nativité. Elle attire vers le Christ des hommes et des femmes de tous horizons. Elle les bouscule et les engage à se déplacer. Les récits du temps de Noël débordent de voyageurs, d’hommes et de femmes qui se mettent en route, se laissent déranger dans leurs certitudes ou dans leur confort relatif pour découvrir l’enfant de la crèche : Marie et Joseph en premier, mais également les bergers, Jean Baptiste, les foules, les mages. Certains le refusent, tels Hérode et ses conseillers, enfermés dans leur lecture fondamentaliste des écritures et dans les certitudes de leurs images de Dieu. Même la parole prophétique ne les convainc pas. L’étoile elle-même est en mouvement. Si l’on s’arrête, elle disparaît, comme pour mieux manifester que pour découvrir le Christ il faut sans cesse être en mouvement, accepter l’intranquillité de la foi.
Les mages deviennent alors un modèle. Leur quête, si savante soit-elle, ne peut être vécue en solitaire. Ils interrogent ceux qu’ils rencontrent : « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? » Ils sont sages et pourtant ils savent qu’ils ne possèdent pas la totalité de cette sagesse. Ils cherchent, car ils ont en eux un désir plus profond, un manque à combler. Ces mages sont en quelque sorte à l’image d’une Église qui cherche et interroge pour trouver le Sauveur, qui suit sa clarté pascale pour mieux se prosterner devant lui. Une Église qui n’est pas riche d’or, d’encens et de myrrhe, mais qui est riche de son désir de le trouver et de le servir. Elle apprend qu’elle ne peut le découvrir qu’en interrogeant ceux qui, comme elle, le cherchent tous azimuts. Elle entrevoit qu’elle est animée de la joie de l’aimer et de le faire aimer. Le seul danger demeure de confondre les signes du salut et le Salut lui-même. Les nombreux néophytes, baptisés ces dernières années, ne sont qu’un signe du salut. Mais, ils dévoilent à nos yeux fatigués que le Salut est présent au milieu de nous.
Suivre l’étoile
Finalement, si nous étions les mages, quelle étoile aurions-nous suivie ? Il y en a de nombreuses qui brillent autour de nous, mais nous conduiraient-elles bien vers celui devant lequel ils sont venus s’agenouiller. Elles sont parfois des impasses ou des faux-semblants. L’Épiphanie du Seigneur invite donc à contempler le Christ, véritable clarté qui guide chacun au cœur de la vie de ce monde et invite à apporter ses richesses pour annoncer la bonne nouvelle du Salut à toutes les nations. n
Découvrez après les lectures de la messe notre suggestion de prière universelle. Ces intentions sont à adapter en fonction de l’actualité et de l’assemblée qui célèbre.

Bonne fête ! Angèle (de Foligno), Angélina, Angeline, Angélique






