À la lumière d’Amoris Laetitia

Prier en famille cet été

5. Patience dans la mission : l’art d’aimer et de témoigner

Le Podcast

La proposition concrète à vivre en famille

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Bonjour à tous !

À l’occasion du 10ᵉ anniversaire de l’exhortation apostolique Amoris Laetitia, le pape Léon XIV nous invite à redécouvrir la richesse de l’amour familial. Et si, cet été, on profitait du temps en famille pour vivre des moments spirituels simples et authentiques, même au cœur des vacances ?

L’été, c’est le temps du repos, des retrouvailles, du lâcher-prise. Ce pourrait être aussi une belle occasion de prier ensemble, de façon spontanée, au cœur de la nature ou dans le quotidien partagé. Tout l’été, la rédaction de Magnificat vous proposera chaque semaine des idées, courtes et accessibles à tous, pour prier en famille et grandir ensemble dans l’amour.

Aujourd’hui, nous aimerions vous parler d’une vertu qui traverse toute la vie chrétienne : la patience dans la mission. Car la patience, loin d’être une simple attente passive, est une force active qui vient de l’amour, mène à l’amour, et transforme la rivalité ou la lassitude en une dynamique d’alliance. C’est dans l’épreuve, dans la durée, que le baptisé réalise pleinement sa vocation : il devient témoin de ce Dieu « lent à la colère et plein d’amour », encourageant ses proches à compter sur la Sagesse du Seigneur.

La patience dans la mission, c’est accepter d’être de simples serviteurs, confiants dans la grâce que Dieu répand en chacun, sous des formes diverses et précieuses à ses yeux. Le baptême fait de nous des apôtres de la Bonne Nouvelle : Jésus vient sans se lasser à notre rencontre, pour nous sauver. Mais la conversion, la nôtre comme celle des autres, prend parfois du temps ! La Bible nous rappelle : « Le Seigneur ne tarde pas à tenir sa promesse… il fait preuve de patience envers vous, ne voulant pas que quelques-uns périssent mais que tous parviennent à la conversion ! » (2 Pierre 3,9). La longue patience du Seigneur, c’est notre salut.

L’impatience dans la mission : un piège à éviter

Bien souvent, le découragement dans la mission vient d’une mauvaise impatience. Nous voulons voir les fruits tout de suite, récolter les résultats de nos efforts. Mais, comme l’a rappelé le pape François, l’impatience d’aujourd’hui face aux résultats immédiats rend difficile l’acceptation de l’échec, de la contradiction, de la critique ou de la croix. Or, la compréhension profonde des résistances à l’évangélisation ne peut se vivre qu’en mettant toute notre confiance dans la puissance mystérieuse de Dieu.

Jules Montchanin parlait de « patience géologique » : une charité qui s’étend dans le temps, qui englobe les peuples, les cultures, les religions, et qui s’inscrit dans la durée de l’histoire humaine. Être missionnaire, c’est participer à l’œuvre du Christ, humblement, patiemment, en laissant à Dieu le soin d’achever son œuvre.

La patience protège, éclaire et construit

Évangéliser dans la patience, c’est se protéger des fanatismes et des condamnations hâtives. C’est choisir la sagesse, la prudence, l’espérance et l’humilité, dans le respect profond des libertés. On ne peut annoncer l’Évangile sans rencontrer l’épaisseur des réalités, sans prendre le temps de connaître les personnes, les cultures, les religions. Cette patience, on la vit aussi dans nos familles, où chaque histoire, chaque cheminement demande du temps et de la délicatesse.

Mais attention : la patience missionnaire ne doit pas devenir de la passivité ou de la compromission. Il ne s’agit pas d’oublier l’urgence de l’annonce, mais de tenir ensemble l’audace et la douceur, la vérité et le respect.

La famille, Église domestique et ferment d’évangélisation

Quand nous parlons de famille, nous pensons souvent à notre foyer, nos enfants, nos parents, nos frères et sœurs. Mais la famille s’étend aussi à ceux qui nous ont précédés, à la grande communion des saints, à Jésus, Marie, nos saints patrons, qui prient et veillent sur nous. Associons-les à notre prière, à nos missions !

L’amour du Père, manifesté dans le don total de Jésus, nous rend capables d’affronter ensemble toutes les tempêtes de la vie. Au cœur de chaque famille, il est essentiel de faire retentir la Bonne Nouvelle, à temps et à contretemps, pour éclairer le chemin. C’est à partir de cette expérience concrète, vécue dans nos familles, que nous pouvons dire : « Nous avons reconnu l’amour que Dieu a pour nous » (1 Jn 4,16). C’est ainsi que nos familles deviendront des Églises domestiques et un ferment d’évangélisation dans la société.

La patience dans la mission est un chemin d’amour, de confiance et d’espérance. Elle nous invite à croire que Dieu agit, même dans la lenteur, même dans l’invisible. Elle nous apprend à aimer, à servir, à témoigner, sans jamais nous décourager.
Pour conclure nous pouvons lire ou relire un nouvel extrait de l’encyclique Amoris laetitia du pape François.

L’amour du Père qui nous soutient et nous promeut, manifesté dans le don total de Jésus Christ, vivant parmi nous,  nous rend capables d’affronter ensemble toutes les tempêtes et toutes les étapes de la vie. De même, au cœur de chaque famille il faut faire retentir le kérygme, à temps et à contretemps, afin qu’il éclaire le chemin. Tous, nous devrions pouvoir dire, à partir de ce qui est vécu dans nos familles : « Nous avons reconnu l’amour que Dieu a pour nous » (1 Jn 4, 16). C’est seulement à partir de cette expérience que la pastorale familiale pourra permettre aux familles d’être à la fois des Églises domestiques et un ferment d’évangélisation dans la société.

Amoris Laetitia n°290

Belle route à chacun, et souvenons-nous : la patience du Seigneur, c’est notre salut, et notre mission n’est jamais vaine quand elle est portée dans la prière, la fidélité… et la patience.

Avec tous nos remerciements à la sœur Marie-Hélène Robert et au père Arnaud Toury dont les textes ont largement inspiré cette proposition.

Crédit de l’image en bandeau : Le christ et les enfants (1910), Maurice Denis (1870-1973), collection privée. @Bridgeman Images.