Commentaire de la couverture

Ainsi va la Justice de Dieu par Pierre-Marie Varennes

Domenico Fetti (1589-1623) a développé un style pictural original, très coloré. À la fin de sa vie, il se consacra à l’exécution de séries d’œuvres de petit format sur des thèmes religieux, notamment les paraboles, destinées à venir sanctifier les foyers familiaux. Ce type de production, très original à l’époque, préfigure ce qui deviendra plus tard l’imagerie populaire. Toutes les paraboles, comme ici celle de la brebis perdue, sont représentées par lui au premier degré, de manière assez naïve, selon ce qui sied en catéchèse. Il ne faut pas trop chercher à interpréter les paraboles, ce sont des histoires simples imaginées par le Verbe pour parler aux simples. Fetti était partisan de n’y retenir que la leçon principale, obvie, sans risquer de faire perdre à leur pointe son tranchant en donnant des significations élaborées aux circonstances accessoires de la narration.

Ici, Jésus répond aux pharisiens qui se croient justes, mais en fait, il s’adresse surtout aux pécheurs qui soupirent de n’être pas comptés parmi les bénis de Dieu. Et il leur confirme en image ce que l’Écriture leur avait déjà dit : « Quand bien même votre mère vous abandonnerait, votre Dieu et Père, lui, ne vous abandonnera jamais et ce, aussi loin que vous puissiez être engagés dans le péché » (cf. notamment Is 49, 15). Le Père a envoyé son Fils bien-aimé en ce monde afin d’aller rechercher les pécheurs un par un et afin de les ramener sur ses épaules, pour la plus grande joie de la Communion des saints qu’ils vont rejoindre. « Oui, nous révèle le Christ Jésus par ses paraboles, aussi loin qu’ils se seront fourvoyés j’irai les rechercher, jusqu’à ce que je les retrouve » (cf. Lc 15, 4). « Je suis venu sur Terre pour ça » (cf. Lc 19, 10).

Ainsi donc, où que nous soyons perdus, Dieu nous cherche, Dieu nous trouve, Dieu nous ramène.

Il est vrai que l’on peut comprendre la consternation des pharisiens : elle est insensée, la Justice de Dieu qui fait rechercher les coupables, non pour les condamner, mais dans le seul but de les faire échapper au châtiment qu’elle devrait leur infliger !

 

Pierre-Marie Varennes

 

La Parabole de la brebis égarée, Domenico Fetti (1589-1623), Gemäldegalerie, Alte Meister, Dresde (Allemagne). © Artothek / La Collection.