u Fêtée le 12 août u

Illustration : © Alban de Châteauvieux
Épouse et mère de famille, puis religieuse et supérieure de congrégation, Jeanne Frémyot naît en 1572. Elle grandit en Bourgogne où son père est président du Parlement. À 20 ans, elle épouse le baron de Chantal, Christophe de Rabutin, soldat à la cour du roi. Bien née et bien mariée, elle s’installe avec lui au château de Bourbilly, près de Semur-en-Auxois. Un domaine qu’elle gère à merveille – on la surnomme la « dame parfaite ». Mais, en 1601, Christophe est blessé à la chasse et meurt brutalement. Avant son décès, les deux époux s’étaient promis que celui qui survivrait à l’autre consacrerait sa vie à Dieu.
Veuve à 28 ans, elle fait le vœu de chasteté. Ses quatre jeunes enfants la réclament ; son beau-père aussi. Elle déménage avec les siens dans la propriété de ce dernier près d’Autun, où elle endure brimades et humiliations. La rencontre avec François de Sales, au Carême 1604, est décisive. Entre eux naît une amitié « pure comme le soleil ». Devenu son père spirituel, il la guidera vers la sainteté. L’évêque de Genève comprend que des femmes comme elle cherchent une voie religieuse simple, ouverte à toutes, y compris aux veuves et aux femmes de santé fragile.
Après six ans de recherches, ils fondent, le 6 juin 1610, à Annecy, la première maison de la Visitation. Jeanne est la première visitandine et mère supérieure de la petite communauté naissante. Laissant les siens en Bourgogne, elle commence, avec trois autres femmes, une vie de prière faite de douceur, de fraternité et de simplicité. Dès le début de sa vie religieuse, elle ressent néanmoins sécheresse spirituelle et douleurs intérieures. Envahie par les tentations, elle pleure, se croyant infidèle à ce Dieu qu’elle aime tant.
Le 28 décembre 1622, elle entend intérieurement : « Il n’est plus. » François, son « Bienheureux Père », vient de s’éteindre.
Femme d’action, parfois sévère, elle n’en a pas moins un cœur plein de tendresse pour ses enfants comme pour ses religieuses. Un cœur modelé par l’oraison. Quand elle s’éteint, en 1641, l’ordre compte déjà quatre-vingt-sept monastères. n






