dimanche 11 janvier
Baptême du Seigneur

Le Baptême du Christ, xviie s.
Rijksmuseum, Amsterdam.
La joie de Dieu
Père Olivier Praud
Alors que débute une année nouvelle, le dernier mot de l’Évangile est comme un antidote à la morosité : joie ! Les jours se ressemblent et les conflits en tous genres semblent sans fin dans le monde présent. Quelle joie espérer, accueillir ou découvrir ? Célébrer un baptême invite justement à se placer à un moment singulier de l’histoire de chacun. Dans le regard des parents, des proches, brille l’espérance transmise à l’enfant qui est plongé dans l’amour divin ; dans le chant de la communauté surgit l’écho de la foi qui la constitue et la fait vivre ; sur le visage du nouveau baptisé éclate alors la beauté de son identité nouvelle : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé en qui je trouve ma joie. »
Il y a de la joie en Dieu ! Joie du Père pour son Fils à qui il se donne tout entier. Joie du Fils qui se reçoit totalement du Père et se tourne vers lui dans une reconnaissance tissée de grâce. Joie si intense qu’elle prend corps dans le va-et-vient de l’Esprit Saint qui les unit. Joie qui n’est pas close sur elle-même, mais qui déborde pour atteindre tous les hommes et les femmes de ce temps. La prophétie d’Isaïe dessine alors le portrait de celui qui se laisse saisir par cet élan : Il ne criera pas, il ne haussera pas le ton […]. Il ne brisera pas le roseau qui fléchit, il n’éteindra pas la mèche qui faiblit. Aujourd’hui, elle s’accomplit dans la personne même de Jésus : il vient au baptême pour accomplir toute justice, celle de son Père ; il rejoint les pécheurs, sans le devenir, comme pour mieux dévoiler que Dieu n’a pas honte de nous, mais espère, au contraire, trouver sa joie dans les jubilations et les espoirs de chacun. Le Fils descend dans le Jourdain, il se laisse faire, comme pour mieux dévoiler que cette joie ne se possède pas, qu’elle est un don et non un pouvoir. En définitive, le baptême de Jésus dévoile le sens de sa mission : rappeler aux hommes que la mort et la peur de Dieu ne sont pas le terme de la vie, mais que le bonheur en Dieu est leur avenir.
Devenir joie pour les autres
Le véritable défi apparaît alors dans cette ultime conversion : devenir joie de Dieu pour les autres. Dans les Actes, l’Apôtre Pierre esquisse cet horizon pour tout disciple qui se met à l’école de Jésus : Là où il passait, il faisait le bien et guérissait tous ceux qui étaient sous le pouvoir du diable, car Dieu était avec lui. Dieu trouve ainsi sa joie en chacun quand nous faisons le bien et travaillons à la libération de ceux qui sont dans la colère, la haine ou la peur. Laissons-nous donc saisir par la main et façonner par le Seigneur pour devenir sa joie et son espérance par le service de la miséricorde et du pardon. n
Découvrez après les lectures de la messe notre suggestion de prière universelle. Ces intentions sont à adapter en fonction de l’actualité et de l’assemblée qui célèbre.

Bonne fête ! Paulin, Paulinien, Théodose






