Saint Albert le Grand (1200-1280)

Par Aude Bracq

Par Aude Bracq

Le 1 novembre 2022

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u Fêté le 15 novembre u

© Alban de Châteauvieux

Ses contemporains l’appelaient Albertus Magnus. Il était pourtant tout petit ! C’est que, au xiiie siècle, sa renommée était déjà grande en Occident, grâce à ses nombreux écrits en médecine, théologie, sciences naturelles, philosophie, etc.

Né vers 1200, en Bavière, Albert dénote très vite par sa précocité intellectuelle. Il étudie les lettres et la médecine en Italie du Nord. En 1223, il entre au noviciat des dominicains de Padoue, mais doute de ses capacités. Une nuit, assailli de scrupules, il entend la Vierge lui proposer de formuler son souhait. Il demande « la science de la philosophie ». Elle lui répond : « Par ta science, tu illumineras le monde. »

Le jeune novice poursuit ses études. À Paris, il se familiarise avec les écrits d’Aristote – ils influenceront toute son œuvre. Philosophe, il possède aussi un esprit scientifique fondé sur l’observation, la déduction et la louange pour le Créateur. Sa méthode : essayer de voir les choses comme Dieu les voit. Pour écrire son Traité des sciences naturelles, il prône l’expérience, interroge des experts du terrain. Pour Des animaux, il enquête auprès des fauconniers, chasseurs, baleiniers, etc. Avec Des végétaux, il classe plus de quatre cents espèces. Son secret pour travailler aussi efficacement ? La prière et son corollaire, l’humilité. Qui n’exclut pas la transmission : à Paris, où il enseigne au couvent de la rue Saint-Jacques, les étudiants sont si nombreux qu’ils doivent rester sur la place pour l’écouter. Cette place devient « place de Maître-Albert », puis, par contraction, « place Maubert ».

À Cologne, en 1248, il fonde un studium et fait entrer les sciences naturelles dans le cursus des dominicains. Albert est aussi l’un des premiers savants à introduire la pensée d’Aristote à l’université.

Après une brève expérience d’évêque, il préfère retourner à l’enseignement, notamment auprès de son plus célèbre disciple, le futur saint Thomas d’Aquin.

Trois ans avant sa mort, perdant la mémoire, il renonce à l’enseignement et à la prédication. « Cependant, sa piété et son zèle pour Dieu ne se refroidirent pas », écrit Ptolémée de Lucques. Il s’éteint dans sa cellule de Cologne, le 15 novembre 1280. Dans les soixante-quatorze ouvrages qu’il nous laisse, la spiritualité vient couronner naturellement les découvertes en physique, médecine et philosophie. Sans jamais opposer science et foi. n

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Aude Bracq

(Journaliste, Aude Bracq est également biographe, en particulier pour les personnes gravement malades avec l’association Passeur de mots, passeur d’histoires.

Le Christ à la mer de Galilée, Circle of Jacopo Tintoretto (Probably Lambert Sustris), Anonymous Artist - Venetian, 1518 or 1519 - 1594. © National Gallery of Art, New-York