Le bonheur de croire

Le 12 avril 2026

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dimanche 12 avril

2e dimanche de Pâques
Dimanche de la divine Miséricorde

l’Incrédulité de Thomas,
Albrecht Dürer (1471-1528), Amsterdam, Rijksmuseum.

Le bonheur de croire

Père Foucauld Pommier

Qui n’a jamais rêvé de voir Dieu ? Il n’y a pas si longtemps encore nous aimions chanter en canon ce refrain : « Je veux voir Dieu, le voir de mes yeux, joie sans fin des bienheureux… » La joie des bienheureux serait donc de voir Dieu. Pourtant, dans l’Évangile de ce dimanche, Jésus semble dire l’inverse : « Heureux ceux qui croient sans avoir vu. » La joie des bienheureux est bien celle de voir Dieu face à face au ciel, mais il existerait une joie plus discrète, toute terrestre, cette fois-ci : le bonheur de croire.

Mais en quoi consiste ce bonheur de croire ? On pourrait penser qu’il y a dans la foi bien plus de frustration que de joie, puisqu’elle suppose l’invisible. En réalité, elle se tient du côté de la confiance : j’ai confiance en Dieu parce que je sais qu’il m’aime.

En ce dimanche de la divine Miséricorde, voilà peut-être la source de la joie de la foi : savoir que Dieu ne nous oublie pas, qu’il pose sur chacun de nous un regard de miséricorde, inconditionnellement aimant. Nul besoin de voir Dieu pour se réjouir d’un tel amour. Après tout, savoir qu’il y a quelque part un ami qui pense à nous suffit souvent à nous rendre heureux. Saint Thomas manquait de confiance. Il était méfiant, peut-être même était-il inquiet : il voulait voir pour être sûr d’être aimé. Cette méfiance et cette inquiétude ne peuvent qu’engendrer de la tristesse. Mais dès qu’il voit les plaies du Christ, signe éclatant de l’amour miséricordieux, la foi l’emporte, et avec elle naissent la paix et le bonheur.

La joie de la résurrection, qui est la nôtre ces jours-ci, est bien celle de la foi. Nous n’avons pas vu le Ressuscité, mais nous le croyons vivant et cela suffit à notre bonheur.

Ne doute pas que je t’aime

On prête à Bernanos cette citation : « La foi, vingt-quatre heures de doute moins une minute d’espérance. » Si la foi est en effet indissociable du doute, il demeure toujours une once d’espérance : je suis aimé de Dieu.

Il y a quatre cent dix ans, le 23 avril 1616, mourait le poète anglais Shakespeare. Dans Hamlet, il met ces mots sur les lèvres du héros parlant à Ophélia : « Doute que les étoiles soient de feu, doute que le soleil se meuve, doute de la vérité même, mais ne doute pas que je t’aime » (Hamlet, acte II, scène ii).

Et si c’était à nous que le Christ disait ces mots aujourd’hui : « Ne doute pas que je t’aime » ? Entendons un appel à recevoir cet amour en allant faire l’expérience de la miséricorde dans le sacrement de la réconciliation. Nous entendrons alors ces mots : « Je te pardonne tous tes péchés. » Et que cette certitude, plus forte que le doute, soutienne aujourd’hui notre foi. n

Découvrez après les lectures de la messe notre suggestion de prière universelle. Ces intentions sont à adapter en fonction de l’actualité et de l’assemblée qui célèbre.

Bonne fête ! Jules, Jill, Julius

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Le Christ à la mer de Galilée, Circle of Jacopo Tintoretto (Probably Lambert Sustris), Anonymous Artist - Venetian, 1518 or 1519 - 1594. © National Gallery of Art, New-York