Le fils de David ressuscité

Le 24 mai 2026

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dimanche 24 mai

Pentecôte

Journée de prière pour l’Église de Chine

La Pentecôte,
Giorgio Vasari (1511-1574), MET, NYC.

Le fils de David ressuscité

Père Philippe Lefebvre

Comme souvent quand on lit un texte biblique, il est bon d’abord de laisser de côté ce que nous attendons, nous. En l’occurrence ici, on pourrait dire que l’essentiel serait de comprendre immédiatement ce que le Christ ressuscité demande : l’envoi en mission de ses disciples et donc notre propre envoi à nous qui nous inscrivons dans leur continuité ; qu’est-ce que le Christ attend de moi ? Que dois-je faire, croire, dire, enseigner ? Remettons donc à plus tard ces questions, écoutons la Parole, accueillons sa douceur.

Car même si le texte évoque la crainte qu’ont les disciples, une crainte qui les a poussés à s’enfermer, la venue de Jésus ressuscité instaure un climat d’apaisement ; c’est d’ailleurs la première parole de Jésus : « La paix soit avec vous ! » Cette paix, elle se donne quand on l’accueille, quand on écoute ce qu’il dit, quand on se laisse porter par sa parole. Et en se laissant habiter par la présence et la parole de Jésus, on peut entendre des résonances que l’on ne percevait pas. Souvenons-nous d’un passage célèbre de l’Ancien Testament : une ambiance de peur règne dans un lieu, on est prêt à fermer les portes à toute présence nouvelle ; et puis le messie, inattendu, arrive… C’est la scène de l’onction de David en 1 Samuel 16. Le Seigneur envoie le prophète Samuel à Bethléem ; en le voyant arriver, les anciens, angoissés, demandent à Samuel s’il « vient pour la paix ». Et le prophète de répondre qu’il vient pacifiquement et qu’il offrira un sacrifice au Seigneur. Samuel rencontre en particulier la famille de Jessé : un habitant de Bethléem accompagné de ses sept fils. Samuel sait, sans l’avoir dit à quiconque, qu’il doit donner l’onction messianique à l’un des fils de Jessé. Aucun des sept ne convient selon le Seigneur et Samuel est contraint de demander au père si tous ses fils sont bel et bien là ; « Il reste encore le plus jeune, répond Jessé, il est en train de garder le troupeau. » On envoie chercher David ; il arrive et, comme le dit le Seigneur à Samuel : « C’est lui » – une parole qui deviendra chez les premiers chrétiens une sorte de formule messianique, dès que l’on prend conscience que le Christ est présent près de soi.

Le Christ et ses frères

Samuel verse l’huile sainte sur la tête de David et cette onction se fait au milieu de ses frères (1 S 16, 13). Et le texte d’ajouter : L’Esprit du Seigneur s’empara de David à partir de ce jour-là. Dans notre Évangile, on dirait que Jésus reprend la scène – il est le Messie, fils de David, qui vient « pour la paix » ; mais cette fois, il va plus loin. Ce n’est pas seulement le Messie Jésus qui est à reconnaître : les disciples – ceux que Jésus appellera ses frères – vont recevoir le même Esprit et être investis de la même force que le Christ lui-même. n

Découvrez après les lectures de la messe notre suggestion de prière universelle. Ces intentions sont à adapter en fonction de l’actualité et de l’assemblée qui célèbre.

Bonne fête ! Donatien, Donatienne, Rogatien, Zoélie, Servilio, Vincent (de Lérins)

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Le Christ à la mer de Galilée, Circle of Jacopo Tintoretto (Probably Lambert Sustris), Anonymous Artist - Venetian, 1518 or 1519 - 1594. © National Gallery of Art, New-York