Vie reçue, vie donnée !

Le 7 juin 2026

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dimanche 7 juin

Saint-Sacrement du Corps et du Sang du Christ

Institution de l’Eucharistie,
Franz Anton Maulbertsch (1724-1796),
NGA Washington.

Vie reçue, vie donnée !

Père Olivier Praud

Il y a quatre ans, le pape François délivrait une lettre apostolique sur la liturgie, Desiderio desideravi. En s’appuyant sur les paroles de Jésus au cours de son ultime repas pascal, « J’ai désiré d’un grand désir manger cette Pâques avec vous » (Lc 22, 15), le pape invitait à saisir l’intensité du mystère de la célébration eucharistique, qui conduit tout un chacun à découvrir la relation vivante avec le Christ dont elle est le sacrement. Tout y est affaire de vie. « L’homme ne vit pas seulement de pain » (Mt 4, 4), il vit de rêves, de projets, de réussites et d’échecs, même si c’est parfois source de peine ou de douleurs. Dans son exode, il peut découvrir qu’il vit d’un autre qui ne cesse de l’attirer à lui. Tel le peuple d’Israël qui découvre ses limites et ses impasses, mais reçoit de Dieu une vraie nourriture qui lui fait traverser l’épreuve de l’Exode et du désert pour entrer en Terre promise. Mais dans l’abondance retrouvée, se souviendra-t-il du don véritable qui l’a fait vivre ? De même, Paul interroge la manière dont le Saint-Sacrement du Corps et du Sang du Seigneur est reçu par chacun dans toute eucharistie. Nous souvenons-nous de sa puissance de transformation et de communion dont il est le sommet et la source ? Aussi, pour faire mémoire, Jésus offre un pain nouveau qui nourrit de la vie éternelle. Il n’est plus le pain d’un instant qui laisse encore sur sa faim, mais la seule vraie nourriture qui rassasie de vie. « De même que le Père, qui est vivant, m’a envoyé, et que moi je vis par le Père, de même celui qui me mange, lui aussi vivra par moi. » Il fait entrer dans le dynamisme de la vie divine, de celle qui circule entre le Père et le Fils par l’Esprit de leur amour. Voilà pourquoi l’homme ne peut vivre seulement de pain, mais toute parole qui sort de la bouche de Dieu. En Jésus s’accomplit ainsi le désir infini de Dieu de nous introduire en sa communion éternelle. Il est le Pain vivant […] descendu du ciel. Cet unique Pain de vie est inséparablement parole de Dieu et pain et vin devenus le Corps et le Sang du Seigneur (cf. Dei Verbum, no 21). Cette communion apparaît alors dans toute son intensité : vie éternelle.

L’humaine visibilité de Dieu

Dieu ne se cache pas, donc, dans une hostie, mais il manifeste son identité : Deus caritas est, un amour vivant qui se donne sans cesse pour partager sa vie. Quand François d’Assise invite à contempler l’humilité du Christ qui se cache sous un semblant de pain, il veut mettre en lumière cette réciprocité inouïe à laquelle Dieu invite les hommes. En se rendant présent à nos yeux et à nos oreilles dans le geste eucharistique, le Christ offre à tous de se rendre pleinement présents à son Père. Il s’agit bien de « voir les biens éternels dans la terre des vivants », comme le chante la séquence ! Alors, en s’approchant de nous jusqu’à l’intime par le don de son Corps et de son Sang, Jésus nous rend capables de nous approcher de tous pour leur partager à notre tour cette vie reçue en plénitude. n

Découvrez après les lectures de la messe notre suggestion de prière universelle. Ces intentions sont à adapter en fonction de l’actualité et de l’assemblée qui célèbre.

Bonne fête ! Gilbert, Gil, Gilberte, Marie-Thérèse, Maïté

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Le Christ à la mer de Galilée, Circle of Jacopo Tintoretto (Probably Lambert Sustris), Anonymous Artist - Venetian, 1518 or 1519 - 1594. © National Gallery of Art, New-York