Ordo amoris

Le 28 juin 2026

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dimanche 28 juin

13e dimanche du temps ordinaire

L’Envoi en mission,
gravure, 1873.

Ordo amoris

Père Olivier Praud

Durant ces derniers mois, un débat sur l’attention portée aux pauvres et aux plus petits a surgi en plaçant comme pivot une hiérarchie de la charité. À une vision qui envisage l’amour chrétien comme une expansion concentrique allant des plus proches aux plus lointains, de sa famille aux étrangers, les paroles de Jésus ouvrent une autre compréhension. Il ne s’agit pas d’un simple renversement de perspective, mais d’une orientation nouvelle qui réordonne le bien de tous en plaçant la caritas, l’amour divin au centre. C’est à partir de ce foyer lumineux que le commandement de l’amour peut être vécu authentiquement. La charité surpasse alors un simple calcul froid pour se déployer comme don et miséricorde. Elle devient prophétique en dépassant les liens familiaux ou amicaux et s’élargit à l’étranger. Cependant, une opposition subtile semble demeurer : Jésus établirait-il une rivalité entre l’amour pour sa parenté et l’amour de Dieu ? Cette ambivalence a pu justifier un engagement religieux radical, voire sectaire, afin d’éloigner les membres de la famille. Or, Jésus veut plutôt interroger la manière dont nous aimons. Que serait un amour qui exclurait les autres, qui serait exclusif au point de jalouser un autre amour ? Au contraire, dans le Christ, nous contemplons l’amour absolu pour Dieu qui s’épanouit comme amour des autres. Inversement, l’amour des autres ne peut être authentique, c’est-à-dire désintéressé et fécond que s’il trouve en Dieu sa plénitude. La générosité de la charité en est alors la manifestation concrète. Dès lors, le geste le plus simple reçoit une portée insoupçonnée. Élisée dévoile une fécondité inespérée à la femme de Sunam parce qu’elle lui a témoigné une hospitalité sans limites. Elle semble exercer un accueil fraternel envers le prophète, mais son geste témoigne du refus de mesurer ce qui est donné. Elle lui édifie une demeure au cœur de son foyer. Il devient le signe de l’irruption de la caritas divine au milieu de la vie des hommes. Ainsi s’inaugure ce que Jésus dévoile en reprenant ce récit et en le menant à son plein accomplissement : « Qui donnera […] un simple verre d’eau fraîche […] ne perdra pas sa récompense. »

Un amour bâti pour toujours

Par le baptême, en étant uni à la mort et la résurrection du Christ, chacun est configuré pour vivre pleinement cet « ordre de l’amour » qui trouve sa source dans le mystère divin de la vie plus forte que la mort. Cette vie nouvelle décrite par l’Apôtre Paul acquiert la consistance du service et du soin inconditionnel. Le baptisé ne peut choisir ceux qu’il aide, ils lui sont donnés par Dieu comme le lieu de vérification et d’attestation de sa foi véritable. L’hospitalité s’épanouit comme accueil de Dieu lui-même. Finalement, le débat s’épuise et oblige à une seule attitude : l’action de grâce et la louange. L’amour du Seigneur, sans fin je le chante. n

Découvrez après les lectures de la messe notre suggestion de prière universelle. Ces intentions sont à adapter en fonction de l’actualité et de l’assemblée qui célèbre.

Bonne fête ! Irénée, John (Southworth)

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Le Christ à la mer de Galilée, Circle of Jacopo Tintoretto (Probably Lambert Sustris), Anonymous Artist - Venetian, 1518 or 1519 - 1594. © National Gallery of Art, New-York