À la lumière d’Amoris Laetitia

Prier en famille cet été

2. Nous accorder à la patience de Dieu

Le Podcast

La proposition concrète à vivre en famille

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Chers amis !

À l’occasion du 10ᵉ anniversaire de l’exhortation apostolique Amoris Laetitia, le pape Léon XIV nous invite à redécouvrir la richesse de l’amour familial. Et si, cet été, on profitait du temps en famille pour vivre des moments spirituels simples et authentiques, même au cœur des vacances ?

Les vacances, c’est le temps du repos, des retrouvailles, du lâcher-prise. Ce pourrait être aussi une belle occasion de prier ensemble, de façon spontanée, au cœur de la nature ou dans le quotidien partagé. Au cours de 7 rendez-vous, la rédaction de Magnificat vous proposera des idées, courtes et accessibles à tous, pour prier en famille et grandir ensemble dans l’amour.

Après avoir formulé la semaine dernière ce qu’est la prière. Nous vous invitons, aujourd’hui, à explorer un chemin essentiel, parfois exigeant, mais tellement fécond : celui de la patience, à la lumière de la Parole de Dieu et de notre vie en famille.

Prendre patience… voilà tout un programme pour l’été !

« Frères et sœurs, en attendant la venue du Seigneur, prenez patience. » Voilà ce que nous dit l’apôtre Jacques. Il nous donne l’image du cultivateur : il attend les fruits précieux de la terre, patiemment, sans précipiter les choses. Qui n’a jamais rêvé d’une récolte immédiate ? Et pourtant, la vraie fécondité demande du temps.

La patience, ce n’est pas seulement s’armer de courage ou prendre son mal en patience : c’est accueillir le rythme de Dieu, qui n’est pas le nôtre. Saint Paul le rappelle : la patience et le courage viennent de Dieu. C’est Dieu qui nous rend capables d’être vraiment unis, en suivant l’exemple du Christ Jésus.

Mais comment, concrètement, vivre cette patience lors de la prière familiale ?

Il est sans doute bon de rappeler un point important : la prière a besoin d’une structure, d’un petit rituel stable. Cela ne veut pas dire que tout doit être figé ou solennel ! Chaque famille peut inventer sa façon de faire, mais il peut être judicieux de prendre le temps : s’installer confortablement, marquer le début par un beau signe de croix, inviter chacun à se rendre disponible.

Une entrée dans la prière faite à la va-vite, c’est risquer de passer à côté de l’essentiel. La patience commence là : prendre le temps de se mettre en présence de Dieu, de s’ouvrir à ce qu’il veut nous donner.

Une fois le cœur disposé, il s’agit d’accueillir la Parole de Dieu pour aujourd’hui.

Dieu parle de mille manières : beauté de la création, Écritures, témoignage des saints, silence, événements de la vie… C’est comme une grande symphonie : chaque voix compte, il faut apprendre à les accorder.

Imaginez un tout-petit qui découvre le monde. Il rencontre ses parents, apprend à parler, reçoit une langue qui n’est pas la sienne, mais qu’il s’approprie peu à peu. Au début, cette langue est comme une maison étrangère, mais avec le temps, elle devient sa demeure, un lieu familier.

La prière chrétienne, c’est un peu cela : un dialogue avec Dieu, qui a pris l’initiative de nous parler en premier, dans le secret de nos cœurs. Benoît XVI disait que ce n’est pas une aventure dans un désert sans chemin, mais que Dieu a aplani la voie, et cette voie, c’est sa parole, offerte aux hommes dans les Saintes Écritures.

La Bible ne nous donne pas seulement la grammaire pour parler à Dieu, elle nous révèle son mystère. Pour le chrétien, elle est le lieu où il découvre Jésus.

Chaque jour, la liturgie nous offre un passage des Évangiles à méditer, à garder en bouche comme un « noyau d’olive », pour reprendre l’image d’Erri De Luca.

Par l’Esprit Saint, qui éclaire notre compréhension, le visage du Christ s’imprime peu à peu en nous. Sa voix nous devient familière, comme celle d’un ami proche. Ainsi, une véritable amitié grandit avec Jésus. La Bible s’enflamme alors, révélant son sens profond, comme sur le chemin d’Emmaüs.

Pourquoi ne pas fixer un moment, dans la journée ou dans la semaine, durant lequel chacun pourra dire ce qu’il a découvert à travers la lecture par exemple, d’un psaume ? il existe des versions adaptées au plus petits. L’essentiel, c’est le respect de la parole de chacun, surtout des plus jeunes, et éviter de débattre tout de suite. La patience, c’est aussi cela : écouter sans juger.

La patience, indique la présence de Dieu. C’est en quelque sorte sa marque.

En effet dans la Bible, la patience est d’abord un trait de Dieu lui-même : il est « lent à la colère et plein d’amour ». Il supporte, il attend, il espère. Si Dieu nous invite à la patience, c’est parce qu’il nous a créés à son image. La patience n’est pas seulement une qualité humaine, elle est une grâce à recevoir, à cultiver.

Saint Paul invite les Corinthiens à entrer dans la patience même de Dieu, à participer à sa miséricorde. Dans Amoris Laetitia, le pape François médite sur l’hymne à l’amour : « L’amour prend patience… il endure tout. » Voilà le cœur de notre vie relationnelle : aimer, c’est patienter, espérer, accueillir l’autre dans son rythme.

L’amour prend patience… et nous met en route, alors en avant !

Cet hymne à l’amour, souvent choisi pour les mariages, commence par « L’amour prend patience » et se termine par « il endure tout ». Entre les deux, treize attitudes concrètes, comme autant de façons de vivre la patience au quotidien. L’immédiateté est un piège : nous sommes tous en chemin, avec nos avancées, nos reculs, nos hésitations.

L’amour est universel ou il n’est pas. Si je refuse d’aimer tel ou telle, si mon attachement est excluant, je sors de la logique de l’Évangile. La patience, c’est croire que chacun avance à son rythme, que Dieu travaille en chacun de nous.

Nous sommes invités concrètement à oser la patience, à oser l’amour dans les petits détails du quotidien…

La patience n’est pas une faiblesse, mais une force divine. Elle nous met à l’école de Dieu, qui, chaque jour, recommence avec nous. Et si cette semaine, en famille, si nous prenions le temps de remettre au Seigneur notre désir de grandir ensemble, d’accorder notre cœur à la patience de Dieu en nous appuyant sur Lui ?

Pour conclure comme un petit rituel, nous vous partageons un extrait de l’encyclique Amoris laetitia.

La parole de Dieu est source de vie et de spiritualité pour la famille. Toute la pastorale familiale devra se laisser modeler intérieurement et former les membres de l’Église domestique grâce à la lecture orante et ecclésiale de l’Écriture sainte. La parole de Dieu n’est pas seulement une bonne nouvelle pour la vie privée des personnes, mais c’est aussi un critère de jugement et une lumière pour le discernement des différents défis auxquels sont confrontés les époux et les familles.

Amoris Laetitia n°227

Avec tous nos remerciements à la sœur Marie-Hélène Robert et au père Arnaud Toury dont les textes ont largement inspiré cette proposition.

Crédit de l’image en bandeau : Le christ et les enfants (1910), Maurice Denis (1870-1973), collection privée. @Bridgeman Images.