À la lumière d’Amoris Laetitia
Prier en famille cet été
7. Attendre en silence : aimer, agir
Le Podcast
La proposition concrète à vivre en famille
Vous pouvez télécharger le PDF “Avec Marie, prions en famille” en cliquant sur le bouton ci-dessous.
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Bonjour à vous !
À l’occasion du 10ᵉ anniversaire de l’exhortation apostolique Amoris Laetitia, le pape Léon XIV nous invite à redécouvrir la richesse de l’amour familial. Et si, cet été, on profitait du temps en famille pour vivre des moments spirituels simples et authentiques, même au cœur des vacances ?
L’été, c’est le temps du repos, des retrouvailles, du lâcher-prise. Ce pourrait être aussi une belle occasion de prier ensemble, de façon spontanée, au cœur de la nature ou dans le quotidien partagé. Tout l’été, la rédaction de Magnificat vous proposera chaque semaine des idées, courtes et accessibles à tous, pour prier en famille et grandir ensemble dans l’amour.
Pour clôturer nos rencontres, nous aimerions aujourd’hui vous parler d’une patience souvent oubliée : celle du silence. Une patience qui n’a pas peur de se taire, qui prépare les visites importantes, et en premier lieu la visite de Dieu. Car la patience n’est pas passive : elle pousse à des actions et à des gestes justes, chargés de moins de frénésie, de recherche de soi, et de plus d’amour envers ceux qui souffrent, qui ne connaissent pas la joie de vivre dans une famille unie.
Jésus nous le dit clairement : « ce que je vous commande c’est de vous aimer les uns les autres ». Tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donnera. Et qui mieux que la Sainte Famille — Marie, Joseph, Jésus — nous montre cette patience active, ce silence contemplateur qui devient amour vivant ? Marie incarne la patience du peuple de Dieu qui attend le Messie. Joseph déploie une patience faite de tendresse, d’obéissance, de service, d’humilité et de silence. Ensemble, ils nous enseignent que la patience n’est jamais une attente vide, mais une attente pleine de foi, d’espérance et d’amour.
Le silence qui prépare la rencontre avec Dieu
La patience n’a pas peur du silence. Au contraire, elle l’accueille comme un allié précieux. Dans notre monde saturé de bruits, d’annonces futiles, de nouvelles sans fondement qui nous parviennent par tant de canaux chaque jour, le silence devient un acte de courage.
Nous apprenons à filtrer ces bruits inutiles. Nous nous exerçons à faire taire les ruminations, les pensées négatives qui pourraient étouffer la Parole venant humblement à notre rencontre. Ce silence n’est pas vide : il est rempli d’attente, de confiance, de remise de soi à plus grand que soi.
L’attente patiente se teinte alors de joie, de confiance : il vient, le Dieu qui nous aime et nous sauve. Nous ne sommes pas capables de nous sauver nous-mêmes ou de sauver l’autre. Mais nous en avons parfois l’illusion, ce qui génère des frustrations. La patience, elle, accepte cette limite et s’en remet à Dieu.
Le silence : école de patience, d’espérance et d’amour
Toute la vie chrétienne est une question de foi, d’espérance et de patience-amour. Durant la prochaine préparation à Noël, certes dans quelques mois, nous pourrions nous remplir de paroles bibliques chargées de réconfort, d’encouragement à prier, à veiller, à aimer dans la patience et la confiance.
Les prophètes, les psaumes et les Évangiles de l’enfance nous aident à nous tourner chaque jour vers ce grand moment de la rencontre avec Dieu : tenez bon, le Seigneur vient, le Seigneur est venu, le Seigneur viendra pour accomplir pleinement son Règne d’amour ! Faisons-lui une belle place dans notre cœur, notre foyer, notre communauté, notre vie professionnelle.
Marie et Joseph : modèles de patience patiente
Laisser au Seigneur la plus belle place dans sa vie, c’est ce que Marie et Joseph ont vécu à un très haut degré. Marie incarne la patience du peuple de Dieu, qui attend la réalisation de la promesse, la venue du Messie. Son Magnificat nous fait entrer dans la logique de Dieu, qui n’est pas la logique humaine, mondaine. Elle puise dans l’Écriture les clefs de compréhension de ce qui lui advient de la part du Seigneur.
Les fausses nouvelles, les commérages vont bon train, mais Marie reste ferme dans la foi, au cœur des contradictions que provoque Jésus, son fils et le Fils de Dieu. Elle sait attendre, elle sait se taire, elle sait garder ces choses dans son cœur.
Quant à Joseph, on peut remplacer le mot « amour » de l’hymne de saint Paul (1 Co 13, 4-7) par le nom de « saint Joseph », et nous comprendrons combien l’attitude de l’époux de Marie est guidée par la patience, la confiance, le sens du service, l’humilité, le respect, l’oblation, le calme et la joie dans la vérité. Le pape François, dans sa lettre apostolique Patris corde, nous présente Joseph comme un père dans la tendresse, l’obéissance, l’accueil, le courage, le travail, la créativité… et le silence.
Le chapelet : prier comme à Nazareth
Le pape Jean-Paul II encourage les familles à prier le chapelet, car « la famille qui récite le rosaire reproduit un peu le climat de la maison de Nazareth : on place Jésus au centre, on partage avec lui les joies et les souffrances, on remet entre ses mains les besoins et les projets, on reçoit de lui espérance et force pour le chemin ».
Le chapelet dispense grain à grain la profondeur du message évangélique. C’est presque le résumé de toute la foi. En nous mettant à l’école de Marie, nous nous laissons conduire en présence du Christ et découvrons les profondeurs de son amour.
Le chapelet est la prière toute simple qui s’écoule au rythme de la vie quotidienne, mais se nourrit de la contemplation des mystères : les mystères joyeux de l’Incarnation, douloureux de la Passion, glorieux de la Résurrection, et lumineux de la vie publique de Jésus. Marie nous invite à prendre le temps de proclamer la parole de Dieu pour l’écouter résonner dans le silence du cœur, avant d’entrer dans la prière litanique de l’Ave Maria, où domine le nom de Jésus, fruit béni qui nous sauve.
Pour conclure…
Que la Sainte Famille, pétrie par la grâce active de Dieu, continue de nous inspirer et de nous conduire patiemment au cœur du mystère. Que nous apprenions, comme Marie et Joseph, à cultiver le silence qui prépare, l’amour qui agit, et la patience qui demeure.
Pour conclure nous pouvons lire ou relire un nouvel extrait de l’exhortation apostolique Amoris laetitia du pape François.
L’alliance d’amour et de fidélité, dont vit la Sainte Famille de Nazareth, illumine le principe qui donne forme à toute famille et la rend capable de mieux affronter les vicissitudes de la vie et de l’histoire. Sur cette base, toute famille, malgré sa faiblesse, peut devenir une lumière dans l’obscurité du monde. ‘‘Une leçon de vie familiale. Que Nazareth nous enseigne ce qu’est la famille, sa communion d’amour, son austère et simple beauté, son caractère sacré et inviolable ; apprenons de Nazareth comment la formation qu’on y reçoit est douce et irremplaçable ; apprenons quel est son rôle primordial sur le plan social’’ (Paul VI, Discours prononcé à Nazareth, 5 janvier 1964) »
Amoris Laetitia n°66
Belle route à chacun, et souvenons-nous : la patience attend, mais elle aime aussi, elle agit, elle crée. Elle est le chemin de la Sainte Famille.
Avec tous nos remerciements à la sœur Marie-Hélène Robert et au père Arnaud Toury dont les textes ont largement inspiré cette proposition.
Crédit de l’image en bandeau : Le christ et les enfants (1910), Maurice Denis (1870-1973), collection privée. @Bridgeman Images.