Magnificat

Les trésors de la rédaction

Quand l’Église offre le choix

Par Bénédicte Ducatel

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L’Église dans sa sagesse offre une grande possibilité de choix qui, tous, sont valables et ont pour but de nous faire approcher du mystère de Dieu.

Il arrive parfois que nous soyons désappointés lorsque nous nous attendons à entendre telle ou telle lecture que nous avons préparée, voire telle ou telle oraison, et que le célébrant en prononce une autre. L’éditeur de mon livret s’est-il trompé ou est-ce mon curé ? La plupart du temps, ni l’un ni l’autre.

Prenons l’exemple de demain, samedi 13 juin 2015. Le lendemain de la fête du Sacré-Cœur vient normalement la mémoire obligatoire du Cœur immaculé de Marie. Or le 13 juin est aussi la mémoire obligatoire de saint Antoine de Padoue. Que va-t-il se passer dans ma paroisse ? Pour l’instant, nul n’en sait rien. Mais il est bon de se rappeler que l’Église dans sa sagesse offre une grande possibilité de choix qui, tous, sont valables et ont pour but de nous faire approcher du mystère de Dieu.

Quelques critères


Un jour de mémoire obligatoire, seule l’oraison du jour est obligatoire. Pour les lectures, on peut choisir celle de la mémoire ou celle de la férie (c’est-à-dire du jour, ici samedi de la 10e semaine du temps ordinaire).

À partir de ce principe, plusieurs cas peuvent se présenter :
– Le célébrant choisit toutes les oraisons et les lectures de la mémoire : ici celle du Cœur immaculée de Marie ou de saint Antoine puisque les deux mémoires ont le même degré.
– Le célébrant choisit l’oraison d’ouverture de la mémoire – d’Antoine ou du Cœur immaculé –, mais ils conservent les autres prières et les lectures de férie.
– Le célébrant choisit l’oraison d’ouverture et les lectures de la mémoire, mais il conserve les autres oraisons de la férie.

Par ailleurs, si le célébrant choisit la mémoire du Cœur immaculé de Marie, même s’il privilégie les lectures de la férie, comme le recommande la Présentation générale du Missel romain (n° 357), il doit prendre l’Évangile de la mémoire qui est obligatoire. Ce qui n’est pas le cas pour la mémoire de saint Antoine.

Et si, par hasard, dans votre paroisse, ce jour-là on fête le patron de l’église ou du diocèse, vous aurez, à coup sûr, tout à fait autre chose. Et c’est normal.

Heureuse diversité


Cette courte explication montre que tout n’est pas tranché d’avance et qu’il existe, certains jours, bien plus de possibilités qu’on ne saurait le croire. Il n’y a pas « la messe du jour » et rien d’autre, même si cela est vrai pour le dimanche, les fêtes et les solennités. Il y a parfois une heureuse ouverture à la diversité. Celle-ci est cadrée et expliquée, mais elle existe. Ainsi, ne nous étonnons plus de voir certaines différences apparaître et laissons-nous prendre par la parole de Dieu qui se donne aujourd’hui pour nous sauver, même si mon livret propose un autre choix. Déroutante pédagogie de Dieu et de l’Église qui nous veut attentif à la Parole, parole de Dieu proclamée ici et maintenant, surprise de Dieu dans nos vies !

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Bénédicte Ducatel

Ancienne rédactrice en chef adjointe de Magnificat MGF 271 juin 2015