dimanche 19 juillet
16e dimanche du temps ordinaire

Parabole du bon grain et de l’ivraie,
Léonard Gaultier (1561-1641),
Washington D.C., NGA.
L’ivraie et le bon grain, inséparables
Christelle Javary
« Seigneur, n’est-ce pas du bon grain que tu as semé dans ton champ ? D’où vient donc qu’il y a de l’ivraie ? » Cette question des serviteurs de la parabole de ce dimanche rejoint nos plus vives interrogations. Si Dieu est bon, pourquoi tant de mal et de souffrances ? Comment croire à son projet d’amour et de paix quand la vie nous malmène, quand le monde est en proie à la violence et à l’injustice ? « C’est un ennemi qui a fait cela » : la réponse laconique du maître ne satisfait guère notre curiosité. Si du moins il acceptait la proposition de ses serviteurs d’arracher la plante parasite ! Cela résoudrait immédiatement le problème, n’est-ce pas ? Le refus du maître est troublant : le bon grain et l’ivraie doivent cohabiter jusqu’à la moisson qui permettra enfin de les séparer et de leur assigner une destination différente, le grenier pour le blé, le feu pour l’ivraie. D’ici là, c’est comme si le mystérieux ennemi avait gagné la partie en ruinant le projet initial d’une magnifique récolte. Le maître est-il négligent ou indifférent ? Non, mais il refuse de prendre le risque que le bon grain soit arraché en même temps que l’ivraie, victime du zèle intempestif des serviteurs. Il faut croire que distinguer les deux plantes n’est pas forcément simple et requiert un discernement trop subtil pour les humains.
De fait, dans le grand champ du monde, le bien et le mal sont présents et se mélangent – dans notre cœur aussi, soyons honnêtes. Nous sommes tiraillés, comme saint Paul en fait l’expérience : Je ne fais pas le bien que je voudrais, mais je commets le mal que je ne voudrais pas (Rm 7, 19). Cependant, alors que dans la nature, l’ivraie restera toujours de l’ivraie, ce qui pousse dans notre cœur peut passer de l’ivraie au blé : cela s’appelle la conversion.
Là où est la discorde, que je mette l’union
En grec, ivraie se dit « zizanie », c’est-à-dire discorde, désunion. De quoi confirmer, s’il en était besoin, l’identité de l’ennemi agissant de nuit : c’est le diable, lui dont le nom signifie « celui qui divise ». Oui, son unique objectif est d’introduire la division entre l’humanité et son Dieu, et entre les hommes eux-mêmes. Mais comment le combattre et le mettre en échec s’il faut laisser l’ivraie croître au milieu du blé ?
La famille franciscaine célèbre en ce moment une année jubilaire en l’honneur du 800e anniversaire de la mort du poverello d’Assise. Sa célèbre prière dévoile un chemin fécond : « Là où est la haine, que je mette l’amour, […] là où est la discorde, que je mette l’union. » Comme la minuscule graine de moutarde devient un arbre où s’abritent les oiseaux du ciel, même un humble geste d’amour fait reculer l’emprise du mal et révèle que dans le grand champ du monde, du blé mûrit discrètement en vue de la moisson. n
Découvrez après les lectures de la messe notre suggestion de prière universelle. Ces intentions sont à adapter en fonction de l’actualité et de l’assemblée qui célèbre.

Bonne fête ! Auriane, Orianne, Arsène, Macrine (la Jeune)






