S’offrir, souffrir

Le 30 août 2026

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dimanche 30 août

22e dimanche du temps ordinaire

Le Christ et saint Pierre,
gravure, xixe s.

S’offrir, souffrir

Sœur Marie-Hélène Robert

Quel est le sens du culte que nous rendons au Seigneur ? Notre offrande peut-elle se passer de la souffrance ? Les lectures de ce dimanche nous invitent à renouer avec le sérieux auquel la vie chrétienne nous appelle.

Les exigences de la Parole

Le prophète Jérémie fait l’expérience de ne pas pouvoir se soustraire au feu brûlant, à la force de la parole de Dieu, qu’il doit proclamer alors qu’elle lui donne d’être méprisé et persécuté. C’est à la même exigence que Jésus appelle ses disciples. La souffrance, la croix, les persécutions font partie du chemin du disciple. « Qui veut sauver sa vie la perdra, mais qui perd sa vie à cause de moi la trouvera. » Cette parole est rude pour qui est à la croisée des chemins et hésite à s’engager pleinement à la suite du Christ. Elle est une consolation pour qui a déjà donné sa vie au Seigneur : c’est lui qui conduit, protège et donne d’aller jusqu’au bout de la course, le partage de la gloire du Fils. Notre foi va-t-elle jusque-là ?

Que veut dire « donner sa vie » ? Le théologien Dietrich Bonhoeffer parlait de « la grâce qui coûte ». Dans tout état de vie comme dans toutes les occupations de la vie, profanes ou religieuses, l’Évangile appelle à vivre d’abord pour Dieu, même si le prix est élevé. Paul nous dit dans quelle attitude intérieure nous disposer à cette offrande : il demande aux chrétiens de Rome d’apprendre à discerner quelle est la volonté de Dieu : ce qui est bon, ce qui est capable de lui plaire, ce qui est parfait et de présenter à Dieu [leur] corps – [leur] personne tout entière –, en sacrifice vivant, saint, capable de plaire à Dieu. Il revient à chacun de comprendre dans la prière et les rencontres quelle est la volonté de Dieu pour lui, à la lumière non des exemples du monde mais de la parole de Dieu. Là est la véritable conversion, celle de nos critères pour poser nos choix quotidiens, pour vivre nos relations, notre présence au monde, le type de travail dans lequel nous nous investissons ou les loisirs qui nous font plus ou moins de bien.

Passe derrière moi

La révélation divine dont Pierre a bénéficié et qui lui a permis sa profession de foi ne l’a pas empêché de rejeter l’annonce de la Passion pourtant assortie de l’annonce de la résurrection. Connaître Dieu, c’est accepter de suivre Jésus dans le mystère pascal. Jésus lui rétorque : « Passe derrière moi, Satan ! Tu es pour moi une occasion de chute : tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. » Cette réaction forte exprime que Pierre pouvait, devait entrer dans les vues de Dieu, puisque Dieu lui avait révélé que Jésus était le Messie. Le chrétien est celui qui connaît la volonté de Dieu et qui prend plaisir à s’accorder à cette volonté, quoi qu’elle lui coûte. n

Découvrez après les lectures de la messe notre suggestion de prière universelle. Ces intentions sont à adapter en fonction de l’actualité et de l’assemblée qui célèbre.

Bonne fête ! Jeanne (Jugan), Fiacre, Fantin, Fantine

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Le Christ à la mer de Galilée, Circle of Jacopo Tintoretto (Probably Lambert Sustris), Anonymous Artist - Venetian, 1518 or 1519 - 1594. © National Gallery of Art, New-York