Aimer !

Le 25 octobre 2026

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dimanche 25 octobre

30e dimanche du temps ordinaire

Le Christ et les Pharisiens,
Hans Schäufelein (1480-1540).

Aimer !

Père Olivier Praud

Quelle plus belle invitation peut résonner dans une vie humaine ? On souhaiterait qu’elle demeure vive en chacun, qu’elle puisse également répandre sa douceur bienfaisante sur ceux qui n’y arrivent pas ou plus, ou ceux pour qui une souffrance actuelle ou vécue rend si difficile d’en faire l’expérience. En ne refusant pas la controverse, Jésus indique qu’il faut affronter le défi de l’amour, avec ce qu’il comporte de discernement à mener dans notre vie. Car le risque demeure de vouloir hiérarchiser les commandements, de les organiser du plus facile au plus exigeant, ou du plus nécessaire au plus subalterne ; et ce d’autant plus quand l’un concerne Dieu et l’autre, nos semblables. Instinctivement, aimer Dieu semble plus important qu’aimer les autres, surtout quand ils sont différents. Les multiples rappels des prophètes devraient pourtant nous prémunir : Si tu les accables et qu’ils crient vers moi, j’écouterai leur cri. La mise en garde est explicite et désigne un premier niveau : prendre soin des pauvres et des petits parce que Dieu lui-même prend soin de tous. En Jésus, Dieu dévoile un niveau inattendu qui accomplit le premier. Il ne fait pas nombre avec le précédent, mais le pousse à sa plénitude en le ramenant à son origine. Parce que Dieu a créé l’homme à son image et à sa ressemblance, aimer Dieu emporte l’amour du prochain, et réciproquement.

Cette réciprocité ne s’épuise pas comme une simple règle morale. Elle est de l’ordre de la révélation. Ainsi, aimer Dieu se montre en aimant les autres, en les aimant non pas pour en tirer une récompense, mais en les aimant en Dieu, par Dieu et pour que Dieu les aime en nous. En d’autres termes, l’alliance des deux commandements est une invitation et une responsabilité. Une invitation, parce qu’elle oblige à ne pas choisir entre Dieu et les hommes. Il ne peut y avoir d’autre priorité que de manifester la hauteur, la profondeur, l’épaisseur et l’étendue de l’amour exposé par le Fils dans le don de sa vie. Dans l’Esprit Saint, il est inséparablement amour du Père et salut des hommes. Une responsabilité, parce qu’aimer comme Jésus nous y invite met en lumière ce que nous sommes et nous expose à l’insincérité de notre foi. Elle n’est vérité que si elle s’épanouit en charité.

Dédicacer sa vie

Aujourd’hui, il est de coutume de fêter la dédicace des églises dont on ignore la date de consécration. C’est peut-être le cas de votre paroisse ! Cette solennité bienvenue offre de saisir la dédicace de toute vie chrétienne : aimer ! La signature du disciple de Jésus ne peut être que cette charité qui ne s’arrête jamais et qui commence par chacun. Aimer, selon le tempo de l’Évangile, c’est laisser Dieu faire sa demeure en nous pour que tous y trouvent une place. n

Découvrez après les lectures de la messe notre suggestion de prière universelle. Ces intentions sont à adapter en fonction de l’actualité et de l’assemblée qui célèbre.

Bonne fête ! Gaudence, Hilaire, Enguerrand

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Le Christ à la mer de Galilée, Circle of Jacopo Tintoretto (Probably Lambert Sustris), Anonymous Artist - Venetian, 1518 or 1519 - 1594. © National Gallery of Art, New-York