dimanche 8 novembre
32e dimanche du temps ordinaire

La Parabole des dix vierges,
John Everett Millais (1829-1896), NY, MET.
Allumer le feu
Père Foucauld Pommier
Chaque dimanche à la messe, nous récitons le Credo et les articles de foi qu’il contient. Dans celui de Nicée-Constantinople, nous professons que le Christ reviendra dans la gloire. Cependant, nous ne connaissons ni le jour ni l’heure de ce retour, comme le Christ nous l’indique. Et deux mille ans après son annonce, avouons que notre attente est moins vigilante. La venue du Christ est alors située dans un futur un peu vague et surtout lointain. Et comme les jeunes filles de l’Évangile, nous nous assoupissons. Alors peut-être que nous devrions utiliser le présent plutôt que le futur pour conjuguer nos verbes du jour : non pas « il reviendra » mais « il arrive ! »
C’est bien ainsi que nous parlons d’un invité de marque qui est prévu au dîner. Cette exclamation – il arrive ! – anime toute la maisonnée, réveille les assoupis. Mais pour accueillir l’hôte qui vient, il faut que le feu soit allumé dans l’âtre.
C’est précisément à cette attention que le Christ nous invite : quand bien même nous nous assoupirions, ayons toujours de quoi raviver la flamme. C’est la vie intérieure dont le Christ nous parle ici, et qui est comme une bougie à laquelle il faut de l’huile pour brûler. Comme le feu de notre âtre auquel il faut du combustible. Autrement dit, la veille à laquelle le Christ nous invite consiste à maintenir notre vie intérieure active. Pour cela, il nous faut mettre du bois dans la cheminée. S’il ne reste que des braises, commençons par des brindilles, comme des petits temps de prière du soir et du matin. Et au fur et à mesure que le feu s’allume, nous pourrons y mettre des bûches plus importantes, comme des temps d’oraison plus longs. À nous de savoir où nous en sommes. Mais si nous oublions de mettre des bûches dans notre cœur, il y a à craindre que le feu s’éteigne. Et alors, le Christ quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur terre ? (Lc 18, 8).
Survie du corps et survie de l’âme
Nous avons vu ,ces dernières années, croître le mouvement des survivalistes. Ceux qui, craignant un conflit nucléaire ou une crise majeure climatique, construisent des abris sous terre et stockent de la nourriture en prévision d’un hypothétique rationnement. Un sondage très sérieux de l’IFOP en novembre 2025 indique, par exemple, que 70 % des Français craignent une troisième guerre mondiale. Sans tomber dans le piège apocalyptique, ne pourrions-nous pas devenir des survivalistes de la vie intérieure ? Sommes-nous inquiets pour la vie de notre âme autant que pour la vie de notre corps ? Car si nous savons être prévoyants pour ce qui concerne notre vie ici-bas, il ne faudrait pas être insouciants pour ce qui a trait à la vie éternelle. En effet, celui que nous attendons n’est pas seulement celui qui viendra : il est déjà celui qui arrive. n
Découvrez après les lectures de la messe notre suggestion de prière universelle. Ces intentions sont à adapter en fonction de l’actualité et de l’assemblée qui célèbre.

Bonne fête ! Geoffroy, Godefroy, Élisabeth (de la Trinité)






