dimanche 29 mars
Dimanche des Rameaux et de la Passion du Seigneur

Entrée du Christ à Jérusalem,
gravure, xve s.
Ouvrons les portes au Roi
Sœur Marie-Hélène Robert
Hosanna au fils de David ! Hosanna au plus haut des cieux ! L’acclamation de louange, de triomphe, de joie que la foule entonne lorsque Jésus entre à Jérusalem, et que nous reprenons avec la même signification dans le Sanctus lors de la messe, est employée dans l’Ancien Testament au sens de : « Sauve, de grâce ! » ou « Donne-nous ton salut ! », dans le psaume 117, verset 25 ou en 2 Samuel 14, 4. De la supplication pour le salut, la foule passe à la louange pour le salut advenu en Jésus, avant de réclamer sa mise à mort quelques chapitres plus loin, au matin de son procès devant Pilate.
Dans l’Évangile de Matthieu que nous lisons cette année, l’entrée messianique et royale de Jésus à Jérusalem est relatée au chapitre 21. L’ânesse et l’ânon, les vêtements déposés sur eux et sur la route, les rameaux, le cortège, les acclamations de joie sont autant d’éléments qui parlaient clairement aux foules. Nous ne sommes plus toujours capables de saisir les allusions aux Écritures sans les notes de nos bibles, mais nous comprenons que Jésus accomplit ce qui a été écrit le concernant. Nous lisons ce récit sur le parvis de l’église, et nous entrons en procession avec nos rameaux qui ont été bénis. Ils nous rappelleront tout au long de l’année que nous avons acclamé le Seigneur et que, nous aussi, nous avons été bénis.
Vient ensuite le long récit de la Passion, aux chapitres 26 et 27. Mais entre ces événements, Jésus a donné des enseignements accréditant son autorité et sa mission, ainsi que des paraboles centrées sur la veille, sur l’amour de Dieu et du prochain pour se disposer au Royaume. Les chapitres 22 à 25 confirment la reconnaissance des foules et présagent que les autorités religieuses, remises en cause par les paroles de Jésus, chercheront à le faire mourir.
Les clameurs et le songe
Le revirement massif de la foule, qui a pourtant été longuement enseignée et qui a reconnu son sauveur, est justifié en Matthieu 27, 20-25 par l’influence des chefs religieux. Pilate, à son tour, cède aux clameurs de la foule, malgré le songe de sa femme, qui lui fait dire : « Ne te mêle pas de l’affaire de ce juste, car aujourd’hui j’ai beaucoup souffert en songe à cause de lui » (v. 19). Seul Matthieu la mentionne. Cette femme païenne, vénérée sous le nom de Procula dans la Tradition, est ici la seule à défendre Jésus au cours de sa Passion, jusqu’à la reconnaissance du centurion et des gardes (cf. v. 54).
La sincérité de nos hosanna ne nous met pas à l’abri des revirements. Le salut en Jésus les englobe, les pardonne. Des personnes qui semblent loin de Jésus peuvent être ses messagères. Et nous, qu’écouterons-nous ? La clameur des foules hostiles ou la voix d’une messagère ? n
Découvrez après les lectures de la messe notre suggestion de prière universelle. Ces intentions sont à adapter en fonction de l’actualité et de l’assemblée qui célèbre.

Bonne fête ! Gladys, Archibald, Berthold, Ludolphe






