La fête de saint Matthieu devrait être celle de tous les laissés pour compte, de tous ceux qui se sentent méprisés : car l’Évangile qui porte son nom est le seul à rapporter deux fois la citation que Jésus a faite d’une phrase du prophète Osée : C’est la miséricorde que je veux et non les sacrifices (Os 6, 6). Précisons qu’en hébreu, ce genre de formulation ne signifie pas un refus catégorique des sacrifices, mais une préférence : le culte n’est pas déprécié, mais la miséricorde est prioritaire.
Si, comme on le croit, Matthieu est le publicain de Capharnaüm appelé par Jésus à le suivre, on comprend qu’il ait retenu cette phrase plutôt deux fois qu’une car les publicains (autrement dit les percepteurs d’impôt au service de l’occupant romain) étaient considérés comme impurs à cause de leur métier, et donc interdits de culte.
Cela veut dire qu’au cœur même de la liturgie, là où nous célébrons la fête du saint, il nous est rappelé que la liturgie n’est pas le devoir le plus urgent des baptisés, celui-ci étant au premier chef la miséricorde.
Magnificat No 298, Septembre 2017






