L’intelligence de la prière des Heures
Lorsqu’il prie ce psaume, Jésus peut prendre à son compte les paroles du psalmiste : Dieu, donne au roi tes pouvoirs, à ce fils de roi ta justice. Il est le seul à pouvoir légitimement demander à Dieu de recevoir ses pouvoirs et sa justice. Nul autre que lui ne peut partager les mêmes prérogatives que le Père. Ainsi l’exprime-t-il : Le Père et moi, nous sommes un (Jn 10, 30). Aussi, le roi décrit par le psalmiste présente-t-il les traits propres au Messie, l’envoyé de Dieu : il gouverne avec justice, fait droit aux malheureux, délivre le pauvre, a souci du faible, il rachète les hommes soumis à l’oppression, il sauve. Jésus se donne à voir dans le portrait du roi juste, tout comme il s’en remet au Père pour être le fidèle serviteur de cette charge messianique.
Un roi cosmique
Le psaume développe un deuxième aspect de la royauté du Christ : la souveraineté cosmique. Il donne à toute la création une fécondité qui dure de génération en génération, […] jusqu’à la fin des lunes. Sous son règne de paix, l’harmonie est un fait établi et la nature déploie des splendeurs estivales : la terre apparaît comme un champ de blé dont les épis ondulent comme la forêt du Liban. Il n’est nullement question de désert et d’aridité, mais seulement de soleil, d’eau sur les regains, d’herbe fraîche et de ville florissante. La paix qu’apporte le Christ s’étend à toute la terre. Lui en qui tout fut créé, dans le ciel et sur la terre (Col 1, 16), rend à la création sa prospérité originelle.
Un roi universel
Dans la bouche de Jésus, le psaume se fait prophétie. Il est l’envoyé du Père devant qui tous les rois se prosterneront, s’inclinant avec déférence, et dont tous les pays reconnaîtront la domination de la mer à la mer, et jusqu’au bout de la terre. La venue du Messie est source de bénédiction universelle. Dieu avait promis à Abraham qu’en lui seraient bénies toutes les familles de la terre (Gn 12, 3), maintenant c’est en Jésus Christ que la bénédiction se répand sur toutes les familles de la terre. Par son obéissance, il a réouvert la source de toute bénédiction.
L’enfant que Marie tient dans ses bras et présente à quelques bergers est ce roi juste, universel et cosmique. Ce nouveau-né, dont le psaume nous dessine le portrait, est le Messie en qui Dieu fait des merveilles et dont à jamais le nom glorieux sauve ceux qui le prononcent (cf. Ac 4, 12). Aussi, la prière du psaume 71 au matin de Noël nous donne-t-elle de contempler Jésus réalisant son œuvre de salut, et d’entrer dans cette réalisation en communiant à sa vie et en annonçant au monde quel Messie nous aimons et adorons.
©MGF 301 décembre 2017