dimanche 5 avril
Dimanche de la Résurrection

La Résurrection du Christ,
Lucas van Leyden, xviiie s., Amsterdam, Rijksmuseum.
Il vit et il crut
Sœur Marie-Hélène Robert
Alléluia ! Christ est ressuscité ! Il est vraiment ressuscité ! La joie de Pâques éclate sur la terre ! Or, l’Évangile de Jean proclamé ce dimanche ne présente pas les disciples dans une exultation débordante. Ils courent au tombeau sur les dires de Marie Madeleine. Elle est tout interdite parce que le corps de Jésus n’y est plus. La tristesse et l’inquiétude habitent son cœur. Pierre et l’autre disciple entrent l’un après l’autre et constatent que les linges sont pliés. Ils semblent plus emplis de gravité que de joie. La joie des disciples n’éclate que le soir, quand Jésus vient à leur rencontre (cf. Jn 20, 20). Or Jésus leur dit : « Heureux ceux qui croient sans avoir vu » (v. 29). Une nouvelle page s’ouvre. Désormais, croire en Jésus, c’est le voir tout autrement.
En une formule ramassée, Jean note : Il vit, et il crut. Jusque-là, en effet, les disciples n’avaient pas compris que, selon l’Écriture, il fallait que Jésus ressuscite d’entre les morts. Pourtant Jésus le leur avait annoncé, dans son discours d’adieu (cf. Jn 16, 22) et dès sa catéchèse sur le pain de vie : « Telle est la volonté de mon Père : que celui qui voit le Fils et croit en lui ait la vie éternelle ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour » (Jn 6, 40). Voir le Fils et croire en lui, en sa puissance de résurrection, c’est avoir la vie éternelle. Or, ce qui est donné à voir au tombeau, c’est l’absence de son corps, qui ouvre à la foi l’autre disciple et tous les autres disciples après lui.
Si nous n’avons pas vu Jésus sur les routes de Galilée et de Judée, si nous n’avons pas vu le tombeau vide, nous sommes vus par Jésus. En ce matin de Pâques, nous voyons le peuple de Dieu, le Corps du Seigneur, rassemblé dans la foi de l’Église et dans la joie de la résurrection du Seigneur. Nous voyons le pain et le vin devenus corps et sang du Christ, en cette Pâque nouvelle. Nous voyons des milliers de nouveaux baptisés y communier pour la première fois. Nous voyons l’amour de Dieu se répandre dans les cœurs. Nous voyons et nous croyons. En voyant la joie pure et débordante de l’Église rassemblée dans la foi, de nombreuses conversions se produisent.
Pensez aux réalités d’en haut
La joie pascale est le pain quotidien des baptisés. Si […] vous êtes ressuscités avec le Christ, recherchez les réalités d’en haut : c’est là qu’est le Christ, assis à la droite de Dieu. Les choses de la terre ne nous attirent plus, ne nous gouvernent plus ; [n]otre vie reste cachée avec le Christ en Dieu (Col 3, 1.3), jusqu’au jour de la gloire. Les saints l’ont compris et mis en œuvre jusqu’au bout, dans la joie de rendre témoignage à la force du Christ vainqueur. Que la joie de Pâques éclate sur nos visages ! n
Découvrez après les lectures de la messe notre suggestion de prière universelle. Ces intentions sont à adapter en fonction de l’actualité et de l’assemblée qui célèbre.

Bonne fête ! Vincent (Ferrier), Irène, Irina, Julienne (de Cornillon), Gérard (de Corbie)






