Il n’est pas habituel, lorsque l’on évoque la liturgie des Heures, de parler de communion. Pourtant, si la liturgie des Heures « étend aux différents moments de la journée » les divers éléments « contenus dans le mystère eucharistique », la communion ne peut pas en être absente.
Un chemin de communion
Nous avons vu au cours des précédents articles de cette rubrique que le chant des psaumes nous met en communion avec le Christ priant son Père. C’est en lui, par lui et avec lui que nous prions les psaumes, sa voix retentit en nos bouches et nos voix donnent vie à sa prière à son Père. Par le répons bref, nous adhérons à la parole proclamée et ainsi nous entrons en communion avec le Christ lui-même, Parole faite chair un jour du temps, Parole qui veut prendre chair dans notre vie. De même, à travers le chant du cantique évangélique, nous reconnaissons que le salut s’accomplit pour nous. Ainsi, la communion rompue par le péché est-elle restaurée et Dieu nous fait connaître et partager la puissance de son amour. C’est alors que nous pouvons nous ouvrir à l’intercession pour le monde, être en communion d’amour avec lui. Les hommes, ces autres lointains, deviennent nos frères et notre prière les rejoint dans le cœur de Dieu.
Communier au corps du Christ
Mais l’intercession se conclut par le Notre Père qui récapitule toutes nos prières. Non seulement, nous prions comme Jésus nous l’a appris, mais nous prions avec toute l’Église qui est le Corps du Christ. Ainsi nous communions au Corps du Christ, non pas son corps eucharistique, mais son corps ecclésial. Or l’un ne va pas sans l’autre. Les rites de communion dans la célébration de la messe commencent par le Notre Père et l’échange de la paix avant d’être communion sacramentelle. Si donc nous recevons entre nos mains le corps eucharistique et sacramentel du Christ, si nous communions à ce corps, c’est pour recevoir son corps ecclésial et entrer en communion avec lui. Le Notre Père, au terme de la liturgie des Heures, est une prière de communion qui rassemble tous les fidèles dans un même amour et une même intercession, une même prière pour la gloire de Dieu et le salut du monde.
Savourer la prière
Le Notre Père n’est donc pas le signal que la prière de l’office est bientôt terminée. Il est ce temps privilégié où nous pouvons savourer la présence de Dieu. Le psalmiste, dans le psaume 33, dit : Goûtez et voyez : le Seigneur est bon ! (v. 9). C’est ce que nous avons à découvrir lorsque nous disons le Notre Père. Goûter la joie d’avoir un Père, bon et miséricordieux, fidèle et juste, et d’être frères. Goûter à la sainteté de ce Père, désirer sa venue, et, animés par l’Esprit Saint, entrer dans la prière même de Jésus : Que ta volonté soit faite. Par ces mots, nous sommes en communion avec Jésus s’offrant à son Père pour le salut du monde. Et il nous faut encore goûter à la miséricorde du Père qui nous invite à lui être semblables par nos gestes de miséricorde. Goûtez et voyez le mystère de communion de la prière des Heures.
©MGF no 275, octobre 2015





